Le séducteur quitte à l’appel du soir

Un corps qui s’abandonne, une sorte de vie,

Un goût de miel, une seconde victoire

Sur le temps, sur la mort : jour enseveli.

 

En jouant le jeu de la fin d’une liaison

De deux solitudes : amour, conclusion, rien ;

Une poignée de cendres fait capitulation,

Décrocher la lune fut au-dessus de tes moyens.

 

Il ne te reste que la musique du temps

À travers bois, entre le zéro et l’infini ;

Le fond du problème, c’est vivre au présent

(sombre comme la tombe où repose mon ami)

 

Tu es l’homme du dehors ; les eaux du péché,

Avocat du diable, jeune homme en colère...

Quête de l’individu : homme pour l’éternité,

Les étoiles filantes retombent toujours en poussière.

 

© Écorces Vives