Je dois être beaucoup plus pervers que ce que je peux croire ou laisser croire. J’en veux pour preuve que j’aime bien regarder certains jeux télévisés sur TF1 car là, franchement et en toute modestie, je me sens soudain tellement plus intelligent, probablement dans les plus intelligents du monde parce que seulement du pays, ça ne me suffit pas. Je n’ai pas osé écrire de l’univers mais je n’en étais pas loin. Et ce n’est pas tant pour les jeux où les questions sont du niveau de la maternelle que ceux où elles sont du niveau du primaire.

Et si j’aime regarder ça, le soir, avant de dîner, c’est que le spectacle est autant dans les candidats que dans les questionnaires en eux-mêmes. À se demander si ce sont des vrais gens qui sont là pour gagner vraiment de l’argent somme toute assez facile, avec un minimum de connaissances ou si ce sont des vrais acteurs qui font vraiment semblants. Parce que parfois, on en trouve, des candidat(e)s qui ne sont pas piqués des vers. Autant de bêtise conjuguée à autant de singeries et de cris hystériques.

Un jeu que je trouve bien fait car ce sont d’abord quatre réponses possibles qui sont proposées avant d’avoir droit à la question, c’est Money Drop présenté par Laurence Boccolini (qui, elle-même, a parfois du mal à garder son sérieux devant certaines attitudes ou propos des candidats) et là, on y trouve de temps en temps des perles dignes d’être recensées et qui pourraient faire l’objet d’un recueil qui serait une mine de bonne humeur. Mais derrière tout ça, il y a l’indigence culturelle de gens qui viennent là pour étaler leur bas niveau de connaissances.

On leur propose un choix entre deux sujets et presque tout le temps, l’un et l’autre ne trouvent jamais grâce aux yeux des candidats car, disent-ils eux-mêmes, ils ne s’y connaissent pas du tout dans le premier et ils ne savent pas de quoi parle le second. Oser brandir son inculture comme un étendard au vu et au su de tous, mais dans quel monde vivons-nous donc, ma bonne dame ? Et la semaine dernière, je ne sais plus quel jour, j’ai eu de la chance avec ce couple du nord. J’ai d’abord cru que c’était elle qui était « nulle » mais son mari lui arrivait largement à la cheville.

À la question : comment s’appelle le lieu où on peut louer des jeux et des jouets, il y avait plusieurs propositions : ludothèque, bibliothèque, joujouthèque et pochothèque. Le mari candidat dit qu’il pense que c’est ludothèque car ludique, c’est amusant, comme jouer. Sa femme lui rétorque que non, Ludo, c’est son cousin et que ça ne peut pas être ça. Elle a même été capable de dire à son mari de miser sur joujouthèque. En même temps, c’est presque joli, comme mot mais ça n’est pas sérieux. Finalement, ils ont misé sur ludothèque car le mari a été persuasif mais on a frôlé le pire.

À la question : comment s’appelle le médicament qui sert à fluidifier les sécrétions, on a proposé : expectorant, diurétique, vermifuge et analgésique. Cette fois, c’est le mari qui a spontanément éliminé analgésique car vu le début du mot, on sait où ça se passe, quand on prend un analgésique. Probablement a-t-il pensé que c’était un suppositoire pour je ne sais quel besoin intestinal. Et quand ils ont fini par trouver la bonne réponse et que l’animatrice leur a dit qu’analgésique, ça n’avait rien à voir avec ce qu’ils avaient pensé, il a même reconnu en prendre régulièrement.

Bon sang, mais c’est bien sûr. Heureusement, il y a longtemps que les bras ne m’en tombent plus, sinon, il y a belle lurette que je toucherais des allocations pour handicapé. Quand on voit ça, d’abord, on rit en se demandant si c’est possible. Puis, on ne fait que se demander comment c’est possible. D’où mon doute sur le fait que ce soient des vrais candidats. Comment peut-on venir dire autant d’âneries à la télévision et rentrer chez soi, retourner travailler ensuite et affronter les moqueries des autres. À moins que la majorité des autres n’y ait vu que du feu.