Puisque pour moi, c’est une fille, je vais l’appeler Mathilde. Mais que personne n’y voit la marque d’un quelconque sexisme, quand je parle d’elle, je parle toujours d’elle, au féminin. Alors comme elle était partie se faire voir ailleurs, j’étais en train de m’habituer à ne plus entendre parler d’elle, à ne plus la voir venir m’envahir et à ce qu’elle me laisse enfin en paix.

Mais non, Mathilde est revenue. Et tu vois, maman, quand je la vois, revenue, je me dis qu’il est temps d’aller prier pour mon salut. Mais en y réfléchissant de plus près, si je puis dire, je change d’avis et je ne vais pas abdiquer. Pas pour elle. Elle est revenue, certes, mais je n’ai pas dit mon dernier mot. Je ne vais pas me laisser faire.

Mathilde est revenue. La Mathilde des mauvais jours, celles des jours que je croyais révolus. D’un temps passé, d’un temps jadis. Mathilde me saoule et Mathilde me donne la gueule de bois en même temps. Amis, ne comptez pas sur moi quand je suis dans cet état-là, à cause de Mathilde, je suis prêt à cracher au ciel quand elle est là. Mathilde me donne la migraine.