Depuis hier, ça me trotte dans la tête et ça ne me quitte pas vraiment. Peut-être parce que, tant à la radio qu’à la télévision, entre des analyses sarkoziennes et des messages d’affolement concernant des risques d’attentats contre les français, cette info est passée un peu inaperçue mais pas dans mon oreille, en tout cas. Je peux vous le dire et la preuve, c’est que je peux même l’écrire. Je ne vais pas me priver, non ?

Oui, aujourd’hui, c’est l’automne… et aujourd’hui, c’est l’automne. En entendant, hier, que ça serait demain, donc, aujourd’hui, j’ai eu ce bout de chanson sur la langue pendant une partie du reste de ma journée d’hier et quasiment toute la matinée de ce mardi, à mon travail et même après. Mais je ne me souvenais plus de la suite, alors je ne faisais que chanter (si on peut dire) toujours la même phrase, ad libitum.

Et ma collègue Virginie s’en est forcément rendue compte de son bureau à deux mètres du mien, seulement séparés que nous sommes par une cloison en vitre et une porte presque toujours ouverte (et pourtant, je ne suis pas un mec facile, au travail) : « On dirait que tu aimes l’automne ! Ça te fait plaisir que ça soit l’automne ? » Pas plus que si c’était l’hiver ou le printemps. Il n’y a guère que l’été que je redoute, en général.

Mais sinon, oui, j’aime l’automne et sa timidité (tout peut rougir très vite avant de disparaître) ; j’aime l’automne et sa douceur et ses odeurs (hmmm, celle des champignons) ; j’aime l’automne et ses mois en « bre », huit, neuf et dix de der ; j’aime l’automne et les sanglots longs de ses violons, jamais tristes pour moi ; j’aime l’automne et ses chrysanthèmes de toutes les couleurs comme un dernier sursaut de vie…

Mais je n’aime pas ne pas me souvenir des paroles d’une chanson alors que je suis sûr que je les connais. Déjà, hier, je ne me rappelais plus de son titre ni de son début. Ce matin, j’ai progressé, je sais qu’elle était si joli-i-i-e et qu’aujourd’hui, c’est l’automne et qu’il est question de parcs qui frissonnent et de robes qui tourbillonnent mais c’est tout. En fait, j’ai beau chercher, je ne la connais pas, elle. Pourtant, aujourd’hui, c’est l’automne…