Finalement, ces deux derniers jours (hormis hier matin, où j’ai travaillé comme tous les samedis, en temps normal), auront été très chargés en termes culturels et artistiques. Deux films, un hier et un aujourd’hui et plusieurs monuments ou lieux du patrimoine que je suis allé, que nous sommes allés visiter, avec le président. J’aurais dû écrire avec « l’ex-président » mais ça n’aurait pas changé grand-chose, d’une part et qui s’en est réellement rendu compte, d’autre  part ? Enfin bref, je suis allé voir « Bon rétablissement » avec Gérard Lanvin qui est toujours très bien mais qui a pris quelque chose de plus, de mieux, encore, dans ce film. Je ne sais pas comment dire, une espèce d’épaisseur mais pas dans le physique. Non, quelque chose d’imperceptible. Dans le regard, entre autres.

Juste avant la séance, nous sommes allés visiter la Bourse du Travail, construite en 1935, un gros bâtiment d’inspiration soviétique, à première vue mais surtout, de conception art déco et ça, ça se découvre principalement à l’intérieur : des escaliers avec de la ferronnerie et de la verrerie, des perspectives incroyables avec des arrondis, des fresques murales païennes mais prenant des allures de peintures religieuses et surtout, cerise sur le gâteau, comme on pourrait dire, parce que je ne soupçonnais pas ça du tout, une terrasse en triangle, sur le toit d’où une vue partielle de la ville nous était offerte comme un bonus. J’ai aimé parcourir les escaliers, les salles, pousser les portes, toucher des interrupteurs en simili cuivre et imaginer la vie sociale et syndicale à ses grandes heures, dans ce lieu qui a dû en voir de toutes les couleurs, pas seulement du rouge.

Je passerai rapidement sur l’ancienne préfecture, lieu où se réunit le Gouvernement en 1940, dans la zone libre, un bâtiment splendide, chargé de moulures, d’ors et de lustres en pierres transparentes comme des diamants. Tous les ors de la république. C’était intéressant mais j’ai surtout eu un coup de cœur pour la sculpture sous les arbres, Hamlet allongé… Intéressant mais comme beaucoup d’endroits plus musées que lieux de vie, ça manque un peu d’âme. Sauf dans le jardin d’hiver et sa sublime verrière. Ce matin, nous sommes allés visiter la Maison Cantonnale sur la rive droite, à la Bastide (Nini, peau de chien !) et là ce fut rapide car peu de salles ouvertes et surtout pas autant de choses à voir à l’intérieur. Il faut dire que je suis un peu déçu d’un extérieur aussi tarabiscoté et d’un intérieur presque trop sage.

Ce matin, le grand moment, ce fut la visite de l’Hôtel des Archives. Avant le déménagement de celles-ci l’an prochain et de la mise en vente du bâtiment, peut-être à un particulier, peut-être à une entreprise. C’est peut-être la dernière année où il est possible de visiter ce lieu magique, mémoire de Bordeaux, en plein centre-ville et sa glycine connue même au niveau national. Elle était en compétition pour gagner le prix du plus bel arbre de France, il y a un ou deux ans mais elle n’a pas fini première, c’est dommage. Quoiqu’il en soit, cette visite avec un guide inspiré et enthousiaste fut un régal de tous les instants pour qui aime les lieux chargés d’histoire de livres. Des bibliothèques à foison, des échelles pour atteindre les derniers niveaux, des tableaux sur tous les murs, des pièces surchargées mais une ambiance très dix-neuvième siècle. Un must.

Et mon point d’orgue sera sans doute le film Pride, sorti cette semaine. Il y a longtemps que je ne suis pas sorti d’un film en pleurant et devant me moucher tant il m’a ému, bouleversé et redonné confiance en l’espèce humaine (faux, j’ai pleuré devant YSL, en début d’année et devant « Au premier regard », il y a moins d’un mois). Cette fois, c’est l’histoire vraie de la plus longue grève de tous les temps, en Angleterre, en 1984, celle des mineurs du Pays de Galles qui vont recevoir le soutien inattendu, pas vraiment apprécié au départ mais sincèrement partagé au fil des semaines, d’une petite association de gays et lesbiennes. Ce film, peut-être un peu romancé, mais on s’en fout, c’est un film qui fait chaud au cœur car il parle de tolérance et du vivre ensemble. Nous sommes sur terre pour partager des choses pas pour vivre chacun pour soi. Alors ma foi, tant pis, si je passe pour un spectateur facile mais j’assume mon bonheur de l’avoir vu et d’avoir vécu un beau week-end.