Je vis dans une espèce de léthargie depuis mon retour du boulot, vers 13h30. Parce que j’ai passé une nuit hachée. Ou à chier. Enfin, une insomnuit, quoi. Probablement que le retour à l’emploi m’a plus perturbé que ce que j’aurais pu croire. Une chose est sûre, un peu de mal à trouver le sommeil, hier soir et surtout, du mal à le garder, en plein cœur de la nuit. Comme si le sommeil était un ballon ovale et que je l’avais eu dans les mains et qu’on avait voulu me le prendre avant que je ne  transforme l’essai en me faisant plaquer par ce gros dur et peu délicat que celui qui me fait me réveiller toujours avant l’heure officielle. Mais bon là, il y avait des limites à ne pas dépasser, non ?

Ça, moi, mes nuits, c’est comme les médicaments, je ne dépasse jamais les doses prescrites, bien au contraire, j’ai même tendance à me sous-auto-médicamenter. À ne jamais en prendre trop au cas où ça m’assommerait comme cet après-midi où j’ai dormi lourdement sur le canapé pendant plus d’une heure et demi et depuis, je suis entre deux eaux, entre deux mondes et entre deux états pas des plus plaisants. C’est de ma faute aussi, je le sais bien puisque je n’avais qu’à dormir normalement cette nuit. Ça fait plus de douze heures que je suis levé et la journée n’est pas terminée. Dans quel était la finirai-je ? Il me reste à préparer le dîner et à m’endormir sur le canapé devant la télé, aussi, après dîner.

Le reste de ma journée fut trop dense pour me rendre compte de ce qui se passait. Je n’ai pas levé le nez de mon bureau, de mes papiers et de l’ordinateur. À peine trois pipis dans toute la matinée. Quand je pense que ce n’était que le premier jour de la reprise. Et de ce qui me reste à faire avant les prochaines vacances sans parler de ce qui me reste à faire avant la retraite. Un peu plus de sept ans. Mais je n’aime pas parler comme un feignant. Je suis juste un peu endormi. Je suis entre douze heures et dans une espèce de transe. Avec l’envie de reprendre où j’en étais avant de me lever du canapé, tout à l’heure. Avant que je n'ouvre un oeil puis deux au lieu de les laisser fermer. Tout naturellement.