Elle fait partie de mes idoles. Pas tout à fait au même titre que les autres car elle est moins présente au quotidien ou alors, de façon très différente mais elle fait partie de ma vie. Des femmes de ma vie. Aussi, quand j’ai vaguement entendu parler de sa cousine, pendant les vacances, j’ai sauté sur l’occasion, ce dimanche, pour aller lui rendre visite, là-haut, en Normandie, là où les vaches rousses, blanches et noires sur lesquelles tombent la pluie et les cerisiers blancs la, la, lalalala parce que, pendant qu’on y est, dans les clichés, autant les faire à la Stone et Charden, non ?

Après ce clin d’œil culturel de haute voltige et sans aucune ironie de ma part (la preuve, c’est que cette chanson fait partie de mes objectifs de numéro d’animation pour Isabelle et moi), je voudrais juste dire que j’étais content de découvrir cette cousine d’origine anglaise, Gemma Bovery et son mari, Charly qui sont venus s’installer en France et qui ont, surtout elle, bouleversé le quotidien de certains dont le boulanger du village. J’ai aimé cette transposition contemporaine matinée de lenteurs comme au 19ème siècle. Une Normandie où on semble n’avoir ni portable ni tablette ni Internet.

Gemma Arterton est une jolie femme, un beau brin de fille qui ne ressemble pas vraiment à l’image d’Épinal de sa cousine de jadis mais elle est belle et sensuelle tout en faisant à la fois petite fille et femme qui ne demande qu’à s’éclore. Elle porte des robes qui se boutonnent par devant avec des fleurs, des toutes petites fleurs et elle marche souvent avec des bottes parce que là-bas, en Normandie, il pleut souvent et les chemins et les prés sont souvent trop mouillés pour qu’on y passe pieds nus ou en petites chaussures à talon. Et elle relève souvent ses cheveux et on voit sa nuque.

N’importe qui pourrait faire une adaptation ou une évolution de cette chère Emma en version moderne, décalée, déjantée ou improbable. On pourrait imaginer Emma Bovary fait du ski et encore une autre suite du genre Emma Bovary, vingt ans après. Ou le retour d’Emma Bovary. Ou Emma Bovary dans la nuit. Ou l’enfance d’Emma Bovary et tout une déclinaison du genre : Emma Bovary à la plage, Emma Bovary à la ferme, Emma Bovary à l’école, Emma Bovary fait de la danse classique ou encore Emma Bovary ne connaît pas Philippe Bouvard ni Pécuchet car ça n’a rien à voir.

Non, ici, Anne Fontaine a transposé la bande-dessinée de Posy Simmonds et ma foi, pour un fan comme moi, ce fut un régal hormis ces deux bécasses, dans les rangs du devant de la salle, qui ne faisaient que glousser, ricaner et même rire aux éclats même quand le propos ne s’y prêtait pas. J’ai aimé la lenteur car dans le livre de Flaubert, il ne se passe pas grand-chose et c’est justement ça qui est intéressant, cette espèce de vacuité du quotidien. Ce qui porte à l’ennui. Mais là, le plus grand ennui, ce n’est pas forcément Gemma qui le subit. Et la fin autre en clin d’œil littéraire… que voulez-vous que je dise de plus ? J’ai  aimé, c’est tout.