Deux jours de grande marée calme et tranquille. Était-ce bien ou était-ce un peu frustrant ? C’était bien. Mais c’était aussi un peu frustrant. Parce que même si ça n’était pas spectaculaire avec des grosses gerbes qui se formaient quand les vagues se fracassaient contre le Remblais, on a quand même vu une mer d’huile, comme un lac, pendant ces derniers jours. Une mer calmée-eu sur laquelle les suppistes (ceux qui font du Stand Up Paddle board) évoluent avec une certaine grâce comme autant de Jésus marchant sur l’eau.

Oui, mais si la mer calmée-eu n’offre pas son feu d’artifice d’écume bouillonnante, elle nous a permis de nous baigner en toute tranquillité dans des eaux limpides et foisonnantes de petits poissons transparents, pas forcément contents de me voir sans cesse tendre la main vers eux en leur disant : « petits, petits, petits ! Vous savez que je travaille chez un mareyeur ? » et même, jeudi matin, alors que la marée était basse, en marchant le long de l’eau, des centaines de petits bernard-l’hermite qui semblaient galoper à leur toute vitesse pour éviter le danger que nous représentions pour eux.

Ces bernard-l’hermite qui m’ont beaucoup amusé avec leur petites pattes qui les faisaient courir ou alors, quand nous étions vraiment très proches d’eux, alors qu’ils étaient en partie enfouis dans le sable mouillé et tout d’un coup, la dernière patte qui disparaissait dans leur coquille comme par magie. Oui vraiment, ce fut un plaisir et un peu de frustration que cette grande marée, cette grand mer calme, qui nous a permis d’en profiter dedans sans faire le show, dehors. Nous n’avons pas eu le show mais qu’est-ce que nous avons eu chaud. Face à la mer calmée-eu.