C’est étrange comme un faits divers passé juste en face de chez Renée (en a-t-on parlé dans les medias nationaux ?) peut me sembler lointain et ne pas m’affecter du tout alors que justement, a contrario, quand c’est raconté au journal télévisé, je suis assez friand de cela. Ça fait donc partie des paradoxes de la vie. En tout cas, même si au fond de moi, j’aimerais en savoir plus sur ce qui s’est passé, comme je suis en vacances, quelques part, je m’en fous un peu, beaucoup, passionnément.

Ça a commencé quand nous avons raccompagné Renée mardi soir chez elle, après dîner. Du bas de sa rue, j’avais aperçu un double cordon de sécurité de la police qui interdisait l’accès au-dessus de chez elle, jusqu’au coin de la rue juste après. L’espace de la maison en face de chez elle, en biais. Et il y avait une dizaine de personnes, certaines avec des brassards, d’autres en tenue de ville qui m’ont fait penser à des magistrats genre juge ou procureur.

Comme il régnait une ambiance détendue, nous avons pensé à une reconstitution d’un faits divers ancien mais Renée, qui sait tout de son quartier ne voyait pas de quoi il pouvait être question et ça semblait l’inquiéter un peu, de voir tout ça et on la sentait rentrer chez elle pas tout à fait tranquille. Nous l’avons rassurée en lui disant que de toute façon, avec la police devant chez elle, elle ne craignait rien sauf si elle était elle-même coupable d’un crime secret.

En réalité, le lendemain, nous avons appris que la dame qui vivait dans cette maison aux volets toujours clos, devait être à moitié folle, dépressive, en tout cas et qu’elle avait tué son fils, adolescent ou jeune adulte avant de tenter de se pendre, le jour-même. Et Renée était bouleversée car elle les connaissait bien et recevait parfois le fils chez elle pour lui faire manger des crêpes. Elle le connaissait depuis son plus jeune âge.

Maintenant, la version officielle, parue dans la presse locale, c’est que la mère a voulu se pendre et le fils, en arrivant chez eux a tenté de la décrocher mais a cru que c’était trop tard et s’est tué d’un coup de couteau. Et depuis, la mère, qu’on a réussi à sauver dans un état critique est toujours à l’hôpital. Et moi, quelque part, je dois avouer que d’abord je n’y suis pour rien et qu’ensuite, n’y comprenant rien, ça ne me touche pas vraiment. Et j’ai quand même ramassé 79 coquillages, hier.