Comme le patron me l’a dit : « Alors,  je pensais à l’éternité… » et c’est vrai qu’on a tendance à se croire immortel, parfois, quand tout va bien, quand on est heureux, à deux, à trois, à quatre ou plus. On a des envies que ça ne s’arrête jamais et pourtant, on le sait bien au fond de soi, ça s’arrêtera toujours un jour. Comme si le mot toujours pouvait se confondre avec jamais. Avec plus jamais. Et c’est alors que l’éternité se présente comme si c’était de celle-ci dont on avait eu envie, juste avant. Alors que c’est l’éternité des vivants dont on rêve, toujours.

Heureusement, tout d’un coup, comme ici, en vrai, aux Sables d’Olonne, hier après-midi, le soleil a fait une réapparition en fin de journée. Comme avec un nettement mieux dans les nouvelles de Bordeaux. Une éclaircie même si on sait que les nuages sombres ne sont pas loin et resteront même très proches. C’est ainsi que veut aller la vie. Avec ses bonnes surprises, parfois et ses très mauvais tours, quand elle semble nous en vouloir. Ça m’a fait du bien, hier, en fin de journée, de savoir que pour l’instant, il n’était pas nécessaire de céder à la panique.

Prendre le temps de respirer, de profiter de la vie, du soleil, de ce qu’on aime faire. Des gens qu’on aime. C’est le seul et donc le meilleur moyen de vivre bien même quand on sait qu’on a quelque chose tout près de soi, prêt à surgir pour cet irréparable qu’on redoute tous. Alors, oui, même si pendant que je m’acharne à récolter mes grains de café, je ne me vide pas la tête, même si ça semble futile, je continue parce que ça me plaît et je suis même fier de moi car hier, pendant que je ressassais quelques mauvaises idées noires, j’en ai trouvé 97. Un nouveau record. La vie, quoi.