J’ai oublié de parler de samedi soir, chez Renée. Et vous le verrez au fil des lignes de ce billet, ce n’est pas la seule chose qui aura été oubliée ce soir-là. Comme bien souvent, quand nous arrivons aux Sables, le premier soir, c’est Renée qui a tout préparé pour nous accueillir. Mais là, parfois, on a un peu honte, elle vient de faire 82 ans et comme elle est moins en forme depuis un an, on a accepté mais on aurait pu aussi aller manger des crêpes au restaurant en bas de sa rue. Mais non, elle a voulu nous faire plaisir et elle a préparé quelque chose que j’aime beaucoup et que je n’ai pas mangé depuis des années : des moules au riz. Et elle a prévu des crêpes car dès qu’elle peut, elle fait des crêpes. Ça la rend heureuse.

Et parfois, elle prépare carrément tout un repas de crêpes. Des crêpes tartinées de fromage frais et d’olives qu’elle roule pour les couper en tronçons et c’est plutôt bien pour accompagner le verre de l’apéritif voire la coupe de champagne. En plus, c’est très nourrissant donc, on a moins faim, après ça. Ensuite, avec la même pâte que pour les crêpes du dessert, elle nous en farcit une au jambon et au fromage (gruyère ou chèvre, selon les préférences de chacun) et enfin, elle nous sort celles qu’on va accompagner de confiture maison, de sucre ou de crème au chocolat pour les amateurs (dont je ne suis pas) et voilà, elle est contente, tout le monde l’est aussi parce qu’elle l’est beaucoup et ça donne une soirée réussie.

Mais là, samedi soir, elle a donc tout préparé. Et sur la table de la cuisine, j’avais bien aperçu les confitures et le sucre en poudre mais une fois les moules au riz suivies d’un délicieux morceau de Bethmale, nous avons discuté enfin, surtout elle (ce qui ferait naître un sourire de complicité et de compassion de celles et ceux qui la connaissent et qui voient très bien ce que je veux dire) et comme le temps passait et que nous étions un peu crevés après cette journée marathon de conduite, d’emménagement et de courses tous azimuts, nous sommes rentrés chez nous et tout de suite, j’y ai repensé : « Mais on n’a pas mangé les crêpes ! » Pas grave. De toute façon, nous n’avions déjà plus faim mais celle-là, elle ne nous l’avait encore jamais faite, Renée.