Mon programme d’hier après-midi fut des plus simples. J’ai commencé par descendre à la plage (dix mètres de l’appartement) un peu avant quatorze heures car le temps me semblait plutôt bien pour ça malgré le fait que c’était un peu tôt. Il faut dire qu’il y avait du vent et donc, on ne sentait pas la chaleur. J’en suis remonté quatre après et je peux vous dire que j’avais chaud un peu partout malgré la crème dont je m’étais tartiné. Mais je n’ai pas fait que rester allongé pendant quatre heures, non, parfois, j’étais assis. Et pendant près d’une heure, je suis allé aux coquillages. Pardon ? On ne dit pas « aux coquillages » mais « chez les coquillages ? » Pfff, n’importe quoi. Donc, je suis allé aux coquillages, profitant du fait que c’était marée basse et j’en ai trouvé vingt-deux dont une dizaine rien qu’au même endroit, ce qui n’arrive jamais, normalement. Bien sûr, la complexité de ma recherche, c’est que je ne m’intéresse qu’aux petits « grains de café », qu’il est assez difficile de dénicher à l’œil nu. Mais on m’appelle le dénicheur, na na ni na na na nana…

Ensuite, j’ai observé mes congénères. Les jeunes et les moins jeunes. Ça m’a beaucoup amusé et parfois agacé. Le sans-gêne des surfeurs et autres planchistes à qui tout est dû : à côté de moi, une famille avec le père, la mère et un fils d’une dizaine d’années. Plutôt bien élevés dans le sens où ils ne parlaient pas trop fort et bon, famille plaisante à regarder. Sauf qu’ils avaient un équipement hallucinant : comme une petite remorque à main avec deux immenses planches, d’autres plus petites, des combinaisons, de la nourriture, une glacière et encore plein de choses qui prenaient une place incroyable au point d’empêcher le passage des autres vacanciers à cet endroit-là. Et en plus, ils ont été rejoints par deux autres jeunes couples tout aussi surfeurs que les premiers. Et c’était à qui se montrait la plus grosse planche. Et à qui boucherait encore plus le passage et le coin de sable sec. En ce moment, les marées sont importantes et quand la mer monte, ils n’ont pas honte de prendre au moins trois mètres carrés de surface à ceux qui ont envie de s’allonger.

Et puis il y en a eu d’autres qui m’ont amusé et certains m’ont même fait sourire. Tiens, ce papy aux allures d’un quadra ou d’un quinquagénaire aux cheveux teints, bien mis, maillot noir, tee-shirt noir, épouse en rose, superbe femme aux cheveux teints aussi. Ils étaient avec leurs deux petits-enfants et celui qui a joué le plus avec le seau pour faire des tours de château, c’est papy ! Et quand les deux petits ont mangé une glace, Papy en a voulu une aussi. Et cet autre groupe composé deux mères de famille, de trois adolescentes et d’un gamin d’une dizaine d’années. Le môme est venu voir sa mère en lui disant : « Il y a quelqu’un qui veut jouer avec moi mais je ne le connais pas. Est-ce que j’ai le droit ? » Et de répondre, après que sa mère lui ait demandé quel âge avait la « personne » « Oh il est plus petit que moi, six ou sept ans, peut-être ! » En voilà un qui ne prend pas le chemin pour se faire enlever, c’est bien. Peut-être un peu trop mais c’est bien quand même. La plage, c’est quand même un excellent terrain de chasse pour les kidnappeurs, si on y regarde de près.