Travailler un jour férié comme celui de vendredi dernier, le 15 août, c'est quelque chose de véritablement spécial. L'atmosphère de la ville, à 4h30 du matin, quand je suis sorti de chez moi pour me rendre au garage de la rue Ducru, était particulière. Je connais bien l'ambiance habituelle des rues au petit matin quand se croisent les noctambules qui rentrent chez eux et les autres, ceux qui en sortent pour aller bosser.

Vendredi  matin, c'était vraiment différent. Il n'y avait presque personne qui déambulait au hasard des trottoirs, places et autres lieux publics. Juste deux personnes. Et pour ainsi dire pas plus de dix voitures en tout et pour tout entre le centre de Bordeaux et Lormont.

C'est sûr que tout le monde dort ou se trouve ailleurs. Nous sommes presqu'à la fin de l'été en ce qui concerne les vacances puisque dans une quinzaine de jours, ce sera la rentrée. Et les gens ont certainement profité de ce week-end prolongeable pour s'enfuir et aller s'aérer quelque part, hors les murs. Malgré le temps plus que mitigé pour ne pas dire médiocre.

J'ai beaucoup aimé me sentir comme seul dans la ville, en cette aube fraîche. Les rues, les quais, la Garonne, les éclairages, les voies du tramway étaient autant de couplets d'une chanson lente mais pas triste d'où ne ressortait qu'une poésie douce. 

J'étais le premier homme à fouler les pavés de Bordeaux en ce 15 août 2014. Du moins, ai-je aimé le penser et le croire.