Comme je suis plus que chargé en termes de travail, tous ces temps-ci, je suis obligé, pour arriver de très bonne heure à mon bureau sans subir les intempéries, je suis obligé de partir en voiture. Ça me fait lever très tôt, ça me fait arriver très tôt mais au moins, il y a un moment, entre le moment où j’arrive et celui où les autres pointent leur nez, leurs chaussures et leurs gros mots de finir ce que je n’avais pas terminé la veille dans le calme et la bonne humeur. Non, dans le calme, seulement. Dans le calme et éventuellement dans les bâillements. Mes propres bâillements.

Et donc, je me lève à 3h30, environ, les mardi, mercredi et jeudi et à 3h00 les vendredi et samedi. Ces deux derniers jours étant les plus chargés de la semaine. Sauf le jeudi de demain car en tant que veille d’un de nos plus gros jours de l’année, c’est lui qui va s’y coller, exceptionnellement. Et donc demain, je me lèverai à 3h00 pétantes, comme d’habitude mais je ne bousculerai personne, comme d’habitude et pourtant, on ne peut pas dire que ce n’est pas l’envie qui m’en manque mais bon, ma croix, je la porte tout seul. Comme un grand. D’à peine un mètre soixante-dix.

Et qui dit « partir travailler en voiture », dit « revenir du travail en voiture », j’ai pris l’option allers et retours systématiquement, tant qu’à faire. Et hier, alors que je venais d’essuyer un gros grain le temps de passer la Garonne par le pont St Jean (c’est mon chemin du retour, le pont St Jean, Ste Croix et la Grosse Cloche – suivez mon regard !), dans la rue de Causserouge, alors que je venais de me faire griller une priorité par la voiture qui est devenue celle qui me précédait, il s’est passé un événement que j’aurais pu subir mais c’est l’autre qui l’a subi.

J’ai découvert le pot aux roses. Ou le pot aux géraniums. Je ne sais pas laquelle des deux formules est la mieux adaptée à ce qui s’est passé. Mais une chose est sûre c’est que si l’autre con, là, m’avait laissé passer comme j’en avais le droit et lui, le devoir, j’aurais sans doute eu une des peurs de ma vie en voiture. Et ma Modus gris Cassiopée aussi. Elle aurait certainement fait plus que sursauté sous l’effet de la surprise et du choc mais non, heureusement, un mauvais conducteur a voulu se la jouer « prem’s » et du coup, c’est lui qui a fait un bond sur son siège.

En gros, est-ce sous l’effet des quelques bourrasques qui venaient de se produire, conjuguées aux nombreuses averses diluviennes et au mauvais sort qui atteint toujours les mauvais joueurs, mais une jardinière est tombée d’une balustrade d’un balcon qui donnait sur la rue en plein sur l’aile droite de la voiture devant moi.  Normalement, ça aurait dû être moi. Et quand j’y pense, j’aurais pu même la recevoir sur le pare-brise, cette jardinière récalcitrante. Heureusement que l’autre m’a grillé la priorité, du coup, c’est lui qui a été puni. Et moi, comme il s’est arrêté, j’ai continué mon chemin. Prem’s.