"Ô temps ! Suspends ton vol..." et ainsi de suite. Au temps pour moi, j'ai justement oublié la suite...

Les fidèles d'entre vous savent que je suis porté sur la poésie. Même si c'est un peu moins qu'il y a quelques années de cela. Moi-même, je n'écris plus de poèmes depuis 1997 (je sais, je l’ai déjà dit, écrit et redit), année de mes adieux aux vers et à la rime. Parce que, un vers, ça va, trois vers, bonjour les dégâts, et justement, ça ne rime à rien.

Un ou deux de mes textes ont été publiés sur ce blog, à diverses occasions. Extraits de "Écorces Vives", mon recueil jamais édité (ce n'est pas faute d'avoir essayé, pourtant) et aujourd'hui, ça ne me manque pas. Vraiment. Je suis sevré.

Une seule chose de l'époque me manque un peu : le goût et le contact du stylo. En ce temps-là, au siècle dernier, j'avais toujours un carnet sur moi et je noircissais des pages et des pages. Un peu comme aujourd'hui, avec le blog mais aujourd'hui, justement, c'est le blog. Ce n'est que le blog. J'ai un peu perdu le sens de l'écriture manuelle, c'est un peu dommage, non ?

Bon, d'accord, l'autre différence d'avec cette époque-là, c'est que maintenant, je n'écris plus que pour moi sans jamais le montrer aux autres puisque je me permets de livrer une chronique quotidienne à mes congénères. Cela ressemble un peu à ce que j'aurais aimé faire "pour de vrai" dans un canard ou un magazine mais bon, on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a.

Une autre chose à laquelle je suis resté fidèle, c'est mon goût de l'orthographe respectée. Je ne prétends pas être un champion du « zéro faute », loin de là, et même, au contraire, j'en fais de plus en plus, et ça me navre assez comme ça. Mais en tout cas, je suis toujours un peu en chasse de la faute impardonnable. Et surtout quand c'est dans un bouquin ou une revue. Je pars du principe que quand on paye pour lire quelque chose, autant que cela soit irréprochable. Et donc, je ne me gêne pas pour écrire aux maisons d'éditions pour signaler tous ces errata.

Et quand j'apprends quelque chose de nouveau (ou d'oublié, allez savoir !), je suis vachement content. Et là, tout de suite, mesdames et messieurs, je vais vous donner un tuyau et je vous jure que c'est vrai. Vous avez sans doute remarqué que j'ai (presque) débuté ce billet avec "au temps pour moi" et non pas "autant pour moi." Et vous vous êtes peut-être (certainement) dit : oh la faute ! Eh bien, non, c'est moi qu'ai bon !

Autant pour moi, c'est une grossière faute de français qu'il faut très vite apprendre à corriger. La vraie locution est "au temps pour moi" et c'est confirmé par l'Académie Française qui dit, je cite : "Il est impossible de savoir précisément quand et comment est apparue l’expression familière au temps pour moi, issue du langage militaire, où « au temps ! » se dit pour commander la reprise d’un mouvement depuis le début (au temps pour les crosses, etc.). De ce sens de « c’est à reprendre », on a pu glisser à l’emploi figuré. On dit « au temps pour moi » pour admettre son erreur — et concéder que l’on va reprendre ou reconsidérer les choses depuis leur début. L’origine de cette expression n’étant plus comprise, la graphie « autant pour moi » est courante aujourd’hui, mais rien ne la justifie."

Pour la peine, je vous offre un vers : "Ô temps, suspends ton vol ! Et vous, heures propices, suspendez votre cours !"... Alors, on dit merci qui ?