Quand on perd l’habitude d’écrire des vers, peut-on s’y remettre comme ça, de but en blanc, à brûle pourpoint et illico subito presto ? Je ne sais pas et je ne m’y risquerai pas aujourd’hui, surtout pas après une matinée de travail bien chargée et une heure environ avant d’aller voir mon coach pour une reprise en mains que j’attends tout en la redoutant. Au bout de trois semaines sans cours particulier… vais-je savoir m’y remettre mieux qu’à la poésie ? Ou bien ne serai-je qu’une simple larve ?...

Parfois, pour ne pas dire souvent, quand j’écris, de façon un peu automatique, il m’arrive de semer des petits cailloux dans mes textes. Soit des allusions que peu, très peu de gens peuvent comprendre et même, encore faudrait-il qu’ils lisent tous les billets que je publie ici… soit des messages que je code plus ou moins et que seuls les initiés peuvent récupérer tel qu’il le faut. Oui, je suis comme ça moi, un espion qui se sert des mots comme des armes ou des moyens de communiquer à double sens. Suis-je un pauvre monstre ?...

Non, parce que, en fait, je m’arrange aussi pour que n’importe qui d’autres que quelque(s) destinataire(s) bien spécifiques puissent aussi participer mais c’est juste que pour tous les autres, il n’y a qu’un seul sens de lecture. Il n’y a pas de mots cachés, il n’y a pas besoin de décodeur ni de messages à double sens. Sinon, en partant de là, on pourrait encore imaginer je ne sais combien d’autres niveaux d’écriture voire de lecture. Et pourquoi pas cinq à sept ? Tiens, en voilà un, justement, un code ! Mais pas quatorze, ni quinze !

Aux yeux du commun des mortels, je veux passer pour un mec normal. Comme certain voulait être un président de ce type-là mais moi, a contrario de lui, je suis vraiment un mec normal. Sauf quand je deviens extraordinaire. Et ça, c’est uniquement quand je me vois dans certains yeux. Quand ma main est dans certaine main. Et quand mon cœur s’emballe à la pensée de certain autre cœur. Là, je me transcende et si je ne me retenais pas, je pourrais devenir un surhomme. Je pourrais avoir tous les appétits du monde. Être goinfre de triomphe.

Nous allons donc dire, aujourd’hui, comme si ce billet n’était qu’une porte entrouverte en forme de vaste énigme, que chaque fin de paragraphe, chaque fin de strophe de ce qui pourrait être un poème en prose ne rime à rien. Et qu’on est toujours tout seul avec ses mots quand on écrit. Et s’il y en a qui arrivent à me suivre dans les méandres de ma promenade cérébrale du jour, je leur tire mon chapeau. Et j’oublierai même toutes mes éventuelles idées de vengeance. Avec le temps, va, tout s’en va. Ai-je encore besoin de commettre un meurtre sur un belge ?