Je fais le trajet en trois étapes (et éventuellement deux pauses minute) minimum et à partir de là, je peux espérer arriver au bureau à une heure que je juge décente, c’est-à-dire avant que l’équipe de nuit ait terminé son travail et si possible, au moins une demi-heure avant l’arrivée du premier tram. Sinon, ça sert à rien que je me décarcasse si c’est pour arriver à la même heure que d’éventuels autres. Autant rester une demi-heure de plus au lit mais non, cette idée-là ne me convient pas car si c’était le cas, je sais que je ne dormirais pas plus pour autant et que je me tournerais dans mon lit en surveillant l’heure officielle du réveil à venir. Donc, j’ai choisi de prendre le taureau par les cornes et le vélo par le guidon.

Oui. Parce que, avec les trams, les horaires du premier tram du matin sont du genre aléatoire. Et comme je n’aime pas du tout que les choses aillent à vau-l’eau, j’ai choisi de venir en vélo. Mais pour ça, encore fallait-il que j’en aie un. Parce que le mien, celui qui a plus de quinze ans et qui n’a pas roulé plus de cinq ans, il ne me fait pas confiance. Il est dans un coin de la cave de l’immeuble, dans un état pitoyable, genre SPVF (sans parking à vélo fixe) et en plus, je n’ai pas envie de me casser la tête à le rentrer dans l’immeuble et dans ce qui sert de local à vélos mais aussi de local poubelles. Même si le mien entre plus dans la seconde catégorie que dans la première.

Alors, je me suis décidé à m’abonner au système bordelais et bordélique du vélo en libre-service. En me disant qu’essayer, c’était peut-être l’adopter. Aussitôt pensé, aussitôt fait (ou presque) et me voici en possession d’un abonnement d’un an (15 euros) et d’un crédit temps de 15 euros aussi en sachant que chaque première demi-heure est gratuite et qu’au-delà, c’est un euro de l’heure. C’est moins cher que le SMIC mais je m’arrange toujours pour ne pas dépasser la demi-heure car je n’ai pas envie de payer même cet euro supplémentaire. Je préfère le mettre de côté pour autre chose. Et ça ne m’est arrivé qu’une fois, en presque deux semaines d’utilisation quasi quotidienne de ce système de dépasser le temps gratuit mais ce n’était pas de ma faute.

C’est surtout pour aller au travail le matin, donc, que j’emprunte un vélo mais c’est tout une histoire et il faut être bien organisé pour ne pas s’emmêler les pédales. Déjà, en faisant comme ça, je peux attraper les premiers trams pour Lormont ou Floirac, à partir du dépôt de Galin, sur la rive droite ça se fait en plusieurs étapes. La première : je prends un vélo qui me convient en bas de chez moi ou presque. Je fais 3.20 kilomètres jusqu’à la station Galin, sur l’avenue Thiers, à la Bastide (je m’arrête toujours place Stalingrad, de l’autre côté de la Garonne pour rendre le vélo et le reprendre aussitôt, ce qui me redonne trente minutes gratuites.) pour rendre encore le vélo au parking spécial sauf les deux fois où c’était plein et où j’ai dû prendre le tram avec.

Dans ce dernier cas, je rends le vélo en haut de la Buttinière pour le reprendre aussitôt, pour rester dans la gratuité sinon, si j’ai pu venir jusque-là en tram les mains vides, j’en emprunte un autre. Je laisse le tram continuer sur Floirac et moi, il me reste la fin de mon trajet sur Lormont : la dernière étape, environ 2.20 kilomètres pour rejoindre la station à laquelle je descends normalement. Là, je rends définitivement le vélo et je termine à pieds. La question se posera peut-être un jour où je ne pourrai pas rendre le vélo à cet endroit, si le parking est complet mais je préfère ne pas y penser pour l’instant. Ça me fera faire une station de plus et revenir en arrière à pieds. Quoiqu’il en soit, ça me fait prendre l’air, ça me fait bouger dès le matin et ça me fait arriver bien réveillé à mon travail. Et avant le premier tram.