Hier, ce fut une journée qui a fait grise mine tout à son long et je dois en avoir quelques séquelles ce matin. Je me suis levé à l’envers ou du pied gauche ou à moitié seulement, qui sait ? En tout cas, hier, c’était dimanche pour tout le monde et aujourd’hui, c’est dimanche pour tous les autres mais pas pour moi. Comme un dimanche de rattrapage avec, cette fois, ce qui a manqué hier : du soleil. Il est prévu du soleil et pour nous montrer sa bonne volonté, il est déjà présent dès le début de la journée.

Il n’y a guère qu’en Allemagne où le dimanche d’hier n’a pas été gris, n’a pas été raté. Un dimanche plein d’espoir pour tout un peuple, n’en déplaise aux esprits chagrins, mais la « foot du monde », ça peut être très fédérateur, quand ça se passe bien. Je suis content pour Arnold et pour les Nagel. Pour eux, ce fut un dimanche en apothéose. Les envie-t-on ? Peut-être un peu, au fond de nous parce que tout le monde se souvient de 1998. Mais bon, chacun ses liesses et aux autres leur tristesse. Hier, ce fut un dimanche triste.

Non seulement il a plu mais en plus, il n’a pas fait que semblant de pleuvoir. Ça a commencé par un petit crachin alors que dans la loi toujours en vigueur, il est interdit de cracher dans la rue (article 80-2 du décret 730 du 22 mars 1942) et donc, en vertu des pouvoirs qui ne me sont pas donnés, j’accuse l’été d’avoir craché par terre et jusque sur nos tombes. On n’est pas loin de l’égorgement de nos fils et de nos compagnes. Enfin si, on en est loin mais parfois, j’ai du mal à me contenir. Et donc, suite à cette accusation, l’été sera donc jugé.

Et de ce fait, je me suis retrouvé à passer deux heures au tribunal, hier après-midi. Tant qu’à avoir un dimanche pourri, autant que ça soit le plus à fond possible et au lieu d’aller voir un film qui se passerait, je ne sais pas moi, dans un pays où il ferait toujours beau, où il ferait toujours chaud, je suis allé assister au procès de Viviane Amsalem. Et autant vous dire que je me demande encore si c’était la bonne journée, sombre pour aller s’enfermer dans un tel huis-clos. Journée grise et film pesant. La totale, quoi.

Je dis ça mais en réalité, j’ai aimé ce film même si au bout d’un moment, j’en avais presque assez. Non pas du film en lui-même mais des pas en avant de des pas en arrière du mari de Viviane. Celui même qui lui refuse le divorce. Et quand on sait qu’elle a attendu cinq ans pour qu’il lui rende sa liberté, au prix d’audiences parfois désastreuses, d’une violence inouïe et pas seulement avec les mots. Certains silences sont encore plus dévastateurs que les mots dits. En soit, c’est un film remarquable mais il faut y aller le cœur un peu léger. Ce qui n’était pas tout à fait mon cas, hier