Je n’ai pas du tout été affecté de l’élimination de la France au Brésil pour le Mondial de Foot car, à vrai dire, le foot, j’en n’ai un peu rien à foot. Pour rester le plus poli possible. Non pas que ça me désintéresse totalement voire absolument mais sur une échelle de 1 à 100, mon niveau d’attention serait de l’ordre de 6.52% pour ne pas dire 7%. Car il faut savoir rester précis quand on annonce des chiffres ou alors, on ne les annonce pas. Et ces presque 7% (au deuxième coup, on peut arrondir), ils sont juste dus au fait que j’aime me sentir concerné par ce qui se passe dans le monde, j’aime me tenir au courant de l’actualité et pouvoir briller en société lors de discussions autour d’une coupe (de champagne pas du monde) et je ne veux pas passer pour un mec à côté de la plaque (des goûts et des couleurs, on ne discute pas) donc, je sais que nous avons brillamment perdu ou que les allemands ont platement gagné. Ou l’inverse, au niveau des adverbes. Peu nous chaut, à vrai dire. Sauf pour les afficionados. Les purs, les vrais, les 100% pur jus.

Avant le match, il faut savoir qu’Arnold, mon meilleur ami allemand (oui, j’ai un meilleur ami français, un meilleur ami allemand et caetera, et caetera, et caetera), m’avait envoyé un mail pour me parler de son retour chez lui après être venu passer deux semaines en France à l’occasion de mon mariage où il était invité d’honneur (un peu garçon d’honneur aussi vu qu’il était le seul mec célibataire de la fête et parce que c’est un honneur de l’avoir comme ami), des quelques jours qu’il avait passé aux Sables d’Olonne histoire de prendre un bol d’air et un bain de mer et il me disait justement qu’il allait regarder le match car il aime bien le football, lui et quand je dis qu’il aime bien ça, c’est un euphémisme. Il devait passer la soirée avec ses amis (que j’avais reçus fin avril à la maison pour un dimanche réussi) et il allait forcément penser à la France qu’il aime énormément, à nous et à moi aussi. Et qu’il savait qu’il allait passer une bonne soirée, que ce soit la France ou l’Allemagne qui gagne.

L’Allemagne qui gagne ça a d’autant plus de sens que ça rime alors que la France à qui on présente ses condoléances, aussi.  Je veux dire, ça rime aussi. Comme la France qu’on distance. Ou dont on s’en contrebalance. Uniquement en tant que non supporter de l’équipe nationale. Parce que sinon, mon pays, j’y suis attaché même si je ne comprends pas ce qu’il devient, ce qu’on en fait et ce qui va encore lui arriver. Enfin bref, il est éliminé du mondial et ça tombe bien en ces temps où les gens sont prêts à voter nationaliste, qu’on s’occupe déjà de la coupe de France et le mondial, on verra pour qu’on en aura les moyens. En tout cas, bravo et merci à toi et aux tiens, Arnold, pour nous avoir permis de passer une soirée plus calme que celle que je redoutais avec les concerts de klaxon et les bouteilles qui allaient finir en cadavre sous forme de tessons sur les trottoirs, les voies du tram, les caniveaux et j’ai pu passer une nuit normale où je n’ai pas spécialement bien dormi mais ça n’était pas la faute de ces noctambules imbibés.