Y a aussi des marins qui naissent, à Amsterdam. Tous ne sont pas moribonds et ne demandent pas qu’on rit, qu’on pleure, qu’on s’amuse comme des fous. Non, ils naissent dans leur plat pays et ils l’aiment et moi, après avoir vu le pire, je commence à en ressentir quelques effets secondaires plutôt positifs. Par exemple, je reconnais que derrière la saleté et le laisser-aller, on trouve des jolis points de vue le long des canaux ou sur certains ponts qui les enjambent. J’en ai photographié plein avec un ou des vélos accrochés sur un parapet en ferronnerie, au premier plan et l’eau dans laquelle parfois, peuvent se refléter des arbres, dans le meilleur des cas, dans le meilleur des endroits. Et c’est encore plus remarquable au début de la matinée, quand tout le monde n’est pas encore sorti pour vaquer à ses visites groupées ou pour aller à son travail. Et en plus, myrtille sur le muffin, s’il fait soleil et pas trop froid, c’est presque royal, n’est-ce pas, Beatrix ?

Y a aussi des marins qui sont des vrais marins mais pas forcément à Amsterdam. Il faut prendre un bateau, un train ou un car pour envisager en voir. Des vrais marins, pas des marins d’eau plate comme celle des canaux ou des lacs, non, des marins d’eau douce mais pas que. Quand on va à Marken, par exemple, à quelques encablures de la capitale, on a la chance d’entrer dans un territoire d’un exotisme charmeur et fou. Un petit village de pêcheurs devant l’éternel avec ses petites maisons, anciennement sur pilotis, bien rangées et bien rayées. Comme des pulls marins mais pas des petits pulls marine tombés au fond de la piscine. Non, des pulls marins car elles sont de couleur sombre entre vert bouteille et noir et rayées de blanc. Ça vous donne un de ces chics qui vous en met plein la vue. Un certain chic qui vous procure un petit choc positif. J’ai aimé flâner dans les ruelles de bordées de ces demeures nordiques entourées de fleurs et lovées dans un calme presque parfait.

Y a aussi des marins qui sont gentils à Amsterdam et pas besoin de leur demander de toucher leur pompon et qu’ils répondent oui pour savoir qu’ils sont gentils. Nombreux sont les amstellodamois qui ont fait preuve d’une amabilité qu’on pourrait leur envier. Que ce soit dans les magasins, dans les bars, dans les restaurants et même dans ce mauvais hôtel qu’était le nôtre, quand ils sont gentils, ils sont plus que ça, ils sont adorables. Et il y a des marins artistes à Amsterdam et c’est dans ces beaux musées qu’on peut les apprécier en oubliant la foule venue en nombre pour admirer leurs œuvres parfois (trop) connues mais souvent (in)(mé)connues. J’ai eu tant de coups de foudre devant des tableaux que j’en ai fait une liste que je vais reprendre calmement  maintenant que je suis rentré chez moi et que c’est l’été qui va m’inoccuper les jours où j’aurai du temps devant moi, c’est-à-dire pas souvent mais quand ce sera le cas, je retrouverai probablement ces instants d’émotion pure.