Le plus gros des préparatifs qui nous incombaient est fait. On va dire ça, oui. Mais il en reste encore à faire. Déjà, tout à l’heure, à 9 heures, j’ai rendez-vous chez le coiffeur. Non pas pour me faire faire un chignon, non, non, non, mais pour me faire couper les cheveux assez courts. Une coupe d’été, une coupe de vacances avec une légère brosse pour pouvoir ramasser les éventuels grains de riz qu’on pourrait nous lancer en sortant de la mairie. De la mai-riz, devrais-je dire, si c’est le cas. Cette légère brosse, je ne pouvais la faire faire que ce matin, sinon, si ça avait été hier, elle serait déjà aplatie. Et ça n’aurait pas eu le même rendu. Pas le même effet. Et s’il y a un jour où je dois être tiré à quatre épingles, c’est bien aujourd’hui…

Ensuite, je me rendrai à Talence comme un artiste qui se rend dans la salle de spectacle, quelques heures avant la représentation et je regarderai autour de moi si la décoration me plaît toujours, si les tables sont toujours disposées comme nous le souhaitions. J’essaierai de m’imprégner de ce lieu encore vide des amis et de la famille pour tenter de ressentir des éventuelles bonnes ondes. Et j’attendrai que l’équipe de décoration florale pour les tables arrive. Monique, Mélanie et Jean-Marie. Pendant qu’Isabelle dormira un peu à Cabirol après sa nuit de travail. Et que les autres traîneront pour leur petit déjeuner ou au lit ou que sais-je encore.

Nous devons rentrer vers 11h à Cabirol pour y attendre Pauline et Claude qui vont arriver d’Agen avec le déjeuner fait maison par Pauline. Et les six salades déjà lavées. Ce sera royal. Nous n’aurons à nous occuper de rien. Une parenthèse bienvenue. Le déjeuner est prévu pour midi pile. Nous ne tolérerons aucun retard, aucun report, aucun délai. Parce que nous devrons avoir terminé de déjeuner à 14h voire 14h15 afin de nous permettre de nous changer pour nous rendre à la mairie. Il faut que nous y soyons à 14h30, un quart d’heure avant la cérémonie. Ça va, il n’y a que cent mètres à faire à pieds. Ce ne sera pas un gros cortège et il ne serpentera pas longtemps non plus dans la rue.

Pour la mairie, je vais copier sur Jean-Marie et Claude. Pour leur mariage, le 19 avril dernier, j’étais aux aguets. Non seulement j’étais témoin mais j’ai fait mieux que ça, j’ai tout observé comme si j’étais un espion à la solde de je ne sais quel état. Comme si j’étais un voyeur en train de mater des choses un peu excitantes mais surtout émouvantes. Comme si j’étais un paparazzo en train de fixer dans son esprit des clichés qu’il ne veut pas oublier. Et je n’ai pas fait que regarder, j’ai écouté, aussi. J’ai écarté les oreilles, je n’ai pas baissé les pavillons et j’ai fait journée portes ouvertes au niveau de mes oreilles. J’ai écouté et j’ai retenu et depuis, quand je le peux, je répète tout seul dans mon coin.

Ça n’est pas compliqué, ce que j’ai à dire. Un seul mot. Un consentement de trois lettres. Sans une seule consonne. Un mot positif. Oui. Mais il va falloir que je gère mon stress, malgré tout, car il ne faudrait pas que celui-ci me distraie et me fasse bêtement dire non. Ça serait ballot. Sauf si j’ai droit à un joker. Ou à un appel à un ami. D’ailleurs, dans cette hypothèse, je vais devoir en choisir un qui ne soit pas dans l’assistance, je pense que ça la foutrait mal si un portable sonnait pendant que le maire parlera. Ou alors, je me retournerai et nous parlerons par des clignements d’yeux. Nous nous mettrons d’accord avant, le plus discrètement possible. Après, nous pourrons commencer à penser aux choses sérieuses. À la soirée qui s’annonce.