Le principe de la cocotte-minute, c’est la pression qui s’emmagasine dans l’appareil et quand le temps de cuisson est atteint, on enlève la soupape et on relâche la pression et ça fait un gros pschhhhhhhhhii pfff et il faut faire attention à ne pas se brûler car ça sort vite et ça brûle. Eh bien moi, depuis quelques temps, je suis comme une cocotte-minute, je suis sous pression, de plus en plus et il y a un moment où je vais être au bord de l’explosion et si ça pète, attention aux dégâts. Ne restez pas trop près, s’il vous plaît. Il y va de votre santé voire de votre vie.

Ça va, la pression est un peu retombée à un moment où je me suis retrouvé tout seul. Donc, je n’ai blessé personne et si j’ai bien fait le pschhhhhhhhhii pfff de rigueur, je pense que je n’ai pas évacué toute la pression que j’avais retenue en moi depuis tant de temps et donc, ça m’a fait du bien de me vider un peu mais comme j’en ai encore sous la pédale, sous les pneus et dans le réservoir, on ne sait jamais, ça peut encore péter à n’importe quel moment. Je vais essayer d’être discret et de ne pas faire n’importe quoi, n’importe où ni n’importe quand.

Je suis comme un soufflé sorti du four, pour être plus précis, en fait, aujourd’hui. Je me suis sorti du four parce que, étonnamment, je n’avais rien de précis à faire ou pas grand-chose, cet après-midi et donc, je me suis sorti du four en me prenant avec des pincettes et je me suis assis sur le canapé devant la télévision au lieu d’aller dehors et presque immédiatement, je me suis dégonflé comme une baudruche percée, comme une poupée gonflable à qui on aurait vivement retiré la petite soupape et je me suis affalé comme un pigeon sur lequel on aurait tiré à bout portant.

J’ai dormi sur le canapé, en pleine après-midi, un mardi, un 10 juin, à presque le début de l’été, un moment où normalement, on profite des beaux jours, des jours les plus longs, hei hi, hei ho et où on prend de la vitamine D en marchant sous un soleil qui en plus, aujourd’hui, n’était pas accablant, quel dommage ! Oui, mais il fallait que je me pose pour faire le plein d’énergie, de carburant sinon, je me serais écrasé comme une merde, échoué comme une baleine morte, effondré comme un château de cartes et sans un seul atout pour tenter de reprendre la main.

Est-ce que j’ai honte de m’être laissé aller à m’abandonner de la sorte ? Pas vraiment. Je me dis seulement que j’aurais pu aller à Talence pour aider le patron à nettoyer le jardin en vue de la réception de samedi soir. Mais je n’ai eu aucun courage. J’ai renoncé, j’ai abdiqué, j’ai fait mon roi d’Espagne et j’ai tiré au flanc. De toute façon, un jour de presque repos avant la fin du marathon pré-mariage, ça ne pouvait pas me faire tant de mal que ça. Peut-être que dès demain, je vais retrouver mon stress, mon hyperactivité et mes sautillements de neurones, comme j’en ai l’habitude.