Tout à l’heure, en rentrant du travail, alors que j’étais exceptionnellement en voiture, vers 12h30, sur Europe 1, à propos d’une émission journalistique spéciale en Normandie pour les 70 ans du D-Day (et non pas de Doris Day, ça n’a rien à voir même si que sera, sera), j’ai entendu un truc hallucinant. De quoi terroriser tout une nation. Moi, j’étais là, un peu fatigué de cette matinée dense, un peu crevé d’une nuit écourtée pour cause d’opéra (oui, tu avais raison, Ptitebill) et de lever tôt, un peu las d’avoir envie de prendre une bonne douche et de manger un morceau, un peu insouciant à l’idée d’une après-midi qui s’annonçait plutôt calme, sans rien de prévu de particulier et là, j’ai failli lâcher le volant tant j’ai sursauté d’effroi alors qu’il faisait une chaleur proche de la canicule dans le véhicule. Et je ne pouvais pas ouvrir une vitre car sur la rocade, je n’aime pas ça. Ça fait du bruit et ça fait de l’air vicieux et vicié, de l’air qui vous prend la gorge par derrière et qui vous donne des embêtements rhinolaryngologiques. Et je ne voulais pas prendre ce risque à une semaine du mariage et en plus, avec ce que je venais d’entendre, je n’avais pas envie d’en ajouter un morceau.

C’est vrai, on a déjà des tas de raisons d’être abattus, depuis des mois voire quelques années, ce n’est pas pour en entendre encore d’autres, des mauvaises nouvelles. Il y en a un peu plus, je vous les mets quand même ? Vous croyez que c’est raisonnable ? Allez, allez, ne vous faites pas prier ! Bon d’accord, je prends mais c’est bien pour vous faire plaisir. Parce que moi, vous savez, c’est déjà assez difficile comme ça. J’ai déjà du mal à gérer les non-augmentations de salaire depuis le 1er août 2006. À l’époque, on m’avait gratifié de cinq centimes de mieux chaque mois. Si, si. Je vous le jure. Et depuis, bernique, que chi et nada que dalle. Alors, vous comprenez que j’ai appris à faire avec, à gérer autant d’argent mais ce n’est pas facile d’avoir des gros revenus réguliers subitement. On peut être surveillé par des envieux qui pourraient vous en vouloir et vous agresser pour partager le gâteau avec vous. Alors, déjà ça, c’est un gros point. Mais si en plus, vous y ajoutez quelques soucis de santé récurrents, pas graves, mais bon, à force, il y a toujours une goutte qui est prête à casser la cruche. Ajoutez à ça la situation du pays, sa politique, les résultats des dernières élections…

Je vous le dis, on en a déjà assez sur les épaules comme ça. Alors si on peut éviter d’en ajouter, même pas grand-chose. Il suffirait de presque rien pour que ça fasse déborder le soliflore. Autant vous dire que je n’avais pas besoin de ça, que les français n’avaient pas besoin de ça mais je crois que c’est bien trop tard, le pire est à craindre dans les jours à venir. L’angoisse absolue nous guette et ne tardera peut-être pas à nous tomber dessus sans qu’on n’y puisse rien. L’oppression sera bientôt à son comble. Faisant oublier les millions de chômeurs, les impôts pas toujours bien répartis, les maladies incurables, les handicaps pas faciles à vivre au quotidien, les deuils insurmontables, les crises financières, la B.N.P., les dealers de drogue, la jeunesse alcoolisante, la montée du Front National et j’en passe. Faites des réserves, on ne sait jamais car ce qui nous attend est probablement pire qu’un cyclone ou un ouragan à la Réunion. C’est vrai ça, Franck Ribéry ira-t-il au Brésil ou non. Je vous le jure, à la radio, la présentatrice a dit que c’était une question qui oppressait tout le pays.