Il y a des rencontres improbables, a priori mais extraordinaires et évidentes, a fortiori. Yves Cusset fait partie de ces gens qu’on aime connaître, qu’on aimerait connaître, ce qui est plus mon cas. De ces gens qu’on aurait même aimé avoir comme professeur vu que celui-ci, en particulier, enseigne la philosophie comme quelque chose  de chouette.* Parce que cet homme-là est non seulement intelligent mais il a surtout de l’humour. Ce qui n’est pas rien pour un philosophe. Ils se comptent sur les doigts d’honneur, les philosophes drôles, ceux qui ne se prennent pas la tête en nous prenant la nôtre. Et il n’est pas que drôle, Yves Cusset, il vraiment drôle. Il m’a désopilé. Un peu comme me l’avait déjà fait Stéphane de Groodt à la lecture de son voyage en Absurdie. C’est tellement drôle qu’on est obligé de relire les écrits plusieurs fois pour être sûr qu’on n’a rien raté. Pas parce qu’on n’a pas compris, non, parce qu’on en redemande.

Yves Cusset a fait, entre autres, un chapitre sur l’Homme, à la lettre H et je me suis régalé, là encore à le suivre dans les méandres de sa pensée, dans les digressions qu’il maîtrise avec brio et le fond de sa pensée, toujours virtuose. Lire son livre devrait être obligatoire pour tous les handicapés des livres, de la philosophie, de la pensée, de la réflexion et de l’humour. C’est-à-dire : la plupart des gens de nos jours. La plupart des gens qui ne vivent que connectés à leurs appareils de communication, leur ceinture de chasteté intellectuelle et sociale. Non, s’il vous plaît, lâchez-vous, courrez acheter son livre, Yves Cusset vous enthousiasmera autant qu’il m’a emballé. Et se faire emballé par un philosophe, c’est cadeau. Ne manque qu’un peu de bolduc autour. Je ne vais pas pouvoir vous en donner des extraits, je serais capable de tout recopier. Presque tout. Mais je voudrais juste rebondir sur ce chapitre sur l’Homme avec un grand H. Mais aussi des petits H.

Il parle de l’homme qui est capable de penser. Et des hommes philosophes et moi, tout d’un coup, je me suis posé une question inédite à mes yeux : on connaît les grands philosophes, on ne connaît que certains grands philosophes mais connaît-on au moins une femme philosophe ? Et comment ça se dit, une femme philosophe ? Au début, j’ai cru que ça n’existait pas mais en réfléchissant un peu, certains noms me sont revenus : Simone de Beauvoir, Claude Imbert et Geneviève de Fontenay. Bien sûr, il en existe d’autres mais qui n’ont pas la même notoriété que leurs confrères mais il n’empêche. Ça soulage de voir que les femmes sont présentes aussi dans ce domaine même si  je n’arrive pas à en trouver une qui aurait été la fondatrice d’un courant de pensée. Ça vaut sans doute le coup de se pencher sur le sujet.  

* la philosophie enseignée à ma chouette