Moi, je dis : escalade. Parce que c’est le jour ou jamais. Le jour où on peut tout monter. Où toute escalade est de bon ton. Un jour où on a le droit de se lever un peu plus tard que les autres jours. Et pour moi, c’est une matinée à 50% de matières grasses parce que j’ai pu (malgré tout) tenir jusqu’à sept heures pour sortir de mon lit comme une rivière en crue : presque brutalement et avec la tête un peu douloureuse. Parce que j’ai changé mes habitudes et au lieu de me lever à 4h20 pour aller travailler, mes neurones n’ont pas compris pourquoi je traînais aussi paresseusement et aussi longtemps. Tout fout le camp, ma bonne dame.

Enfin, depuis tout à l’heure, à force d’acharnement, j’ai mis à profit cette grasse matinée allégée pour trouver enfin la chanson qui ira bien (je pense) pour Carlos et Monica, le 14 juin. J’ai donc grimpé un peu plus haut dans mon projet d’animation pour la soirée du mariage. Il ne restait plus qu’eux et je crois que mon choix est bon. Enfin, moins mauvais que les précédents et je me suis débrouillé tout seul. Comme un grand que je ne suis pas vraiment. Comme un grand qui a malgré tout besoin d’un escabeau pour attraper les choses en haut des placards. Certaines ascensions ne se font pas dans aide.

Moi, je dis : escalade. Parce que c’est le jour ou jamais. Le jour où on peut tout monter. Où toute escalade est de bon ton. Un jour où on peut rêver de grimper dans les sondages et se retrouver bien aimé. Voire se retrouver préféré. Ce qui est un des moteurs de ma vie. Ça ne me suffit pas d’être bien aimé de ceux qui m’aiment bien. Non, moi, mon ambition, ce qui me fera aller plus haut, surtout un jour comme aujourd’hui, c’est que ceux qui m’aiment me préfèrent carrément à tous les autres. Être sur la plus haute marche du podium et tant pis si pour y arriver, j’ai, là encore, besoin d’un escabeau comme d’autres, des béquilles pour marcher. Ça ne se réussit pas sans mal, d’être le premier. D’être celui qui va le plus vite, le plus loin et le plus haut.

Mon programme pour le reste de cette journée ? Je ne sais pas si je chercherai à m’élever encore un peu plus car je ne voudrais pas faire de la concurrence à certain dont je ne dirai pas le nom mais que tout le monde connaît et pas toujours pour les meilleures raisons. Un indice ? C’est aussi un saucisson lyonnais. Mais je ne peux pas vous en dire plus car je ne voudrais pas que les choses soient trop simples non plus. En tout cas, l’autre, pour lui, c’est trop facile, il n’a pas besoin d’échelle ni de tabouret pour se hisser au plus haut niveau. Il suffit de savoir marcher sur l’eau et hop, le tour est joué. Moi aussi, si je voulais. Si j’avais voulu.

Moi, je dis : escalade. Parce que c’est le jour ou jamais. Le jour où on peut tout monter et pas que les meubles Ikea. Un jour où quoiqu’il arrive et quel que soit le nombre de fois où je devrai sortir de chez moi, je descendrai toujours les cinq étages à pied mais je les remontrai toujours en prenant l’ascenseur. Systématiquement. Parce que c’est le jour ou jamais. Et parce que c’est un jour, le jour où on peut même grimper aux rideaux mais là, c’est alors vraiment trop intime pour que je m’étale sur le sujet. Donc ça, je le garderai pour moi.