L’Assemblée Nationale est-elle soluble dans l’alcool ? Nous ne le saurons peut-être pas cette année mais certains fêtards, certains noceurs et certains bambocheurs avaient tellement fait les imbéciles, s’étaient tellement noyés dans leurs propres pousses-au-crime qu’ils ont eu cette curieuse idée. De vouloir vérifier si l’Assemblée Nationale était soluble dans l’alcool. Alors qu’on sait bien que la chambre des députés, qui manque d’air, un comble pour une chambre, n’est pas du tout lyophilisable ni lyophilisée. Là encore, on pourrait parler de poudre aux yeux comme dans le billet du même nom, publié le 24 de ce mois, un peu avant le séisme politique, comme ils disent tous, dans les medias. Il ne s’agissait pas d’une prédiction, loin de moi cette prétention mais le hasard fait étrangement bien les choses. En tout cas, dimanche, on a vu la maison bleue, accrochée à la colline qui a un peu vacillé sur ses bases et toutes les roses fanées dans les jardins de l’importance que personne n’entretient.

Il n’y a guère que le bleu maritime qui a sorti la tête de l’eau et tout le monde a fait la tête en ayant l’air surpris du genre mais que se passe-t-il donc ? Mais qu’ont les électeurs entre les oreilles ? Mais à qui la faute en tout cas pas à moi mais à lui, là-bas, de l’autre côté. Non mais franchement, vous voulez que je vous dise, j’ai eu honte, j’ai eu peur et j’ai ressenti une poussée de colère que je savais stérile et donc, forcément, à quoi bon ? À quoi bon les larmes de ce vieux crocodile qui aurait préféré tout mixer autour de lui : mélanchons-nous, mélanchons-nous qu’on s’attendait à le voir crier ce vieux grigou. Et l’autre, celui qui a du Pau depuis les municipales, il semble s’être réveillé et il m’a étonné par ses prises de position carrées, franches et directives. Pour un peu, j’aurais presque regretté de ne pas avoir voté pour lui. Et les autres, les autres, les autres. Usés à force d’être assis sur les bancs publics. Et ils nous ont usés, nous tous, les électeurs, les français.

Et puis hop, à peine deux jours après, une deuxième secousse vient ébranler la classe politique et nos convictions éventuelles. Et après ça, on voudrait nous faire croire que tout est encore réparable, récupérable. Et même si on a enfin coupé Jean-François, il reste les autres. Je n’ai pas su si je devais éclater de rire ou me mettre à pleurer quand j’ai entendu parler du triumvirat le temps d’attendre le prochain congrès d’octobre pour eux. Plus de deux cents ans à eux trois, mais comment vont-ils faire pour rassurer les français et surtout les jeunes ? Et à côté, il y a l’autre, Ô langue, de bois qui vient battre sa coulpe en espérant qu’on y verra que du feu. Je vous le dis, tout fout le camp et ça fait longtemps que je le dis. Alors, pour tenter de savoir si l’Assemblée Nationale est soluble dans l’alcool, je préfère vous dire que je n’ai pas spécialement envie de connaître la réponse. Les hommes politiques ont bu tout leur saoul de nantis et moi, j’ai la gueule de bois.