Pourquoi faut-il donc toujours que les emmerdeurs qui nous emmerdent avec l’ersatz de musique qu’ils écoutent sur leur téléphone portable n’écoutent que de la merde ? Oui, je sais, ça fait trois fois le mot merde dans un seul paragraphe (quatre, maintenant) et pour ne pas rester sur un chiffre pair, je vais le redire, merde, voilà, c’est fait. Avec un peu de chance, ça me portera cinq fois plus bonheur d’avoir marché cinq fois dedans, dehors.

Oui. Parce que,avant- hier, en revenant de mes courses de fin de semaine, après le boulot et en n’ayant toujours pas déjeuné, à 15h00, dans le tramway, il y avait un peu de monde mais sans plus, j’étais chargé mais sans plus et je tentais de continuer la lecture du bouquin que j’ai en cours et soudain, j’ai entendu cette espèce de bruit métallique que font souvent les sonneries dites musicales.

Évidemment, j’ai pensé que le (ou la) propriétaire du mobile (du crime ?) allait répondre, en souhaitant qu’il (ou elle) ne hurle pas dans le combiné « T’es où ? Moi j’suis dans l’tram, c’est gavé de monde et j’s’rai là dans dix minutes » parce que pour se concentrer sur une lecture, surtout quand l’auteur est islandais et que les personnages ont des noms à coucher dehors alors qu’il y fait si froid, là-bas, ce n’est vraiment pas humain. Et quand je pense qu’il y en a qui se plaignent, en France…

Pas du tout, que nenni et re-que nenni. Le mec, le petit merdeux tout de noir vêtu avec les cheveux qu’on aurait dit qu’il s’était passé la tête dans le micro-ondes après s’être largement oint d’huile Isio4, en fait, il avait choisi d’écouter ce qu’il devait appeler musique et qui n’était qu’un ramassis de rythme et de cris sauvagement murmurés à l’oreille des sourds et des malentendants. Et il a fallu attendre deux stations pour qu’il daigne aller faire chier d’autres gens.

Et moi, je me demande toujours, dans ces cas-là, pourquoi est-ce que ce ne sont jamais les Impromptus de Schubert qu’on entend dans les portables ? Ou les Suites pour violoncelle de Bach ? Ou encore le Concerto pour piano et orchestre N°2 de Liszt ? À la rigueur, je veux bien encore entendre jouer du Clayderman voire du André Rieu. Mais cette espèce de bruit qui n’a de musique que la gueule enfarinée, non, merci. Et en plus, le mec, c’était un petit, j’aurais pu le baffer mais même pas. Pas osé. Parce que je suis sûr qu’il était aussi teigneux que le bruit dont il nous assommait.