Il y a un élément essentiel, dans un mariage, c’est le gâteau, la pièce montée, le dérapage sucré qu’on se pardonne parce que franchement, si on ne se fait pas plaisir ce jour-là, quand peut-on le faire ? Alors, j’ai décidé de ne pas prendre le gâteau chez le traiteur qui s’occupe du reste du buffet dînatoire mais de le prendre chez un pâtissier que j’aurai choisi moi-même. Et aujourd’hui, je me suis donné la mission possible de prospecter plusieurs d’entre eux. C’est ce que j’ai fait et je suis rentré chez moi avec cinq propositions, toutes quasiment identiques au niveau du prix mais sensiblement différentes au niveau de ma propre perception des choses.

Déjà, on sait que ce sera quelque chose de léger mais que je commanderai en plus grande quantité pour que l’on puisse en prendre moins à la fois mais plusieurs fois, histoire d’avoir bonne conscience. D’autant qu’il y aura aussi des mignardises, cinq par personnes. Pour les gens normaux. Parce que pour les plus gourmands, ils auront le droit de négocier avec les moins amateurs de sucré pour avoir un peu de leur part. Mais ça, c’est une autre histoire, ça se verra comme le nez sur la figure, dans exactement un mois. Sinon, je peux aussi aller chez le plus grand pâtissier de Bordeaux mais là, je dois l’avouer, il va me falloir faire un emprunt à ma banque.

Ou alors, il me reste la possibilité de faire carrément le casse du siècle en faisant tomber mes invités sur le cul quand ils verront le charriot de dessert que je pourrais leur proposer : une glace à l’aubergine et au fenouil avec une crème anglaise à l’anis. Un millefeuille aux champignons aux dattes et à la gelée de coing. Des quenelles de lentilles à la vanille. Un fondant de betterave à la cannelle. Et un mi-cuit de chocolat aux courgettes et aux graines de courge. Franchement, je pense qu’avec ça, je pourrai faire tomber le taux glycémique de tous les convives. Et comme je garderai celui que j’aurai fait faire chez le pâtissier pour quand tout le monde sera parti, quel pied je prendrai !

Non, sans rire, dans tous ces desserts improbables que je viens de lister, il n’y en a aucun que j’ai inventé, ils existent tous dans des recettes qu’on peut trouver sur Internet et/ou dans certains restaurants. Le seul que j’ai déjà eu l’occasion de déguster et j’en avais alors plutôt bien apprécié la texture et le goût, c’était les quenelles de lentille à la vanille sur un lit de crème anglaise. Je m’étais follement laissé tenter et j’ai eu bien raison. En plus, les lentilles, c’est bon pour la santé et la vanille, c’est bon pour le moral. Ça fait plus de dix ans et parfois, j’y pense encore à ce dessert incroyable et donc, inoubliable.

Finalement, je vais rester simple dans mon approche et dans mon choix final. Car je sais déjà ce que je veux à quelques centimètres près ( ? ) : compte tenu que je ne mange pas de chocolat car ça m’est interdit par mes neurones et mes papilles, ce sera un gâteau fruité. Mais je ne veux pas de mousse, de ces machins trop mous pour bien se tenir au moment de la découpe. Non, il me reste somme toute assez peu de choix, juste deux et j’avoue que j’hésite et que je n’ai pas fini d’hésiter : fraisier ou framboisier ? Là est la question. Et toutes les cinq minutes, je change d’avis et je me dis que c’est finalement l’autre qui est mieux. Jusqu’à la prochaine échéance, cinq minutes plus tard. Pfou !