Ce samedi sera un autre samedi bien plein. Plein de temps occupé. Plein de temps qui passe à la fois trop vite et pas assez. Surtout pour ce matin, alors que j’embauche à 3h45 pour espérer terminer au plus tard à 11h30 afin de rentrer pour prendre ma douche de fin de semaine, celle qui me lavera de tout soupçon maritime et enfiler mes tenues décontractées de celui qui ne veut plus penser à tout ça pendant deux jours et demi. Jusqu’au prochain mardi car quand vient le mardi, à la différence de la grande Zoa, pas de boa, pas de chinchilla ni de bijoux tralala pour moi mais la reprise en bonne et due forme, sur les chapeaux de roue et sans fleur au fusil. Parce qu’il le faut bien. Et donc, j’aime cette douche un peu plus longue que les autres, celle dans laquelle j’aime bien me vautrer et penser à des choses qui me plaisent et que je compte faire comme aller au cinéma au moins une fois par jour pendant trois jours, sortir, voir mes amis ou carrément, comme aujourd’hui, je vais voir papa maman après une petite sieste réparatrice le temps que la lessive se fasse mais une fois que je l’aurai étendue, nous pourrons prendre la route. Et y aller franco. Avec toute la cargaison de marchandise qui n’est pas de contrebande mais qui m’a été commandée. Ça tombe bien, demain, ce ne sera pas très caniculaire et mes poissons, acras et autres noix de St Jacques ne devraient pas trop souffrir de deux heures de route.

Oui parce que deux fois par an, environ, je fais le plein du congélateur de maman, au grand plaisir de papa, avec du saumon fumé, des noix blanches, du merlu et parfois du saumon mais il y a Nicolle qui s’y met, elle aussi, ma tante de St Maixent. Et quand c’est la saison, c’est carrément du transport de homards que je fais. Mais je les cuis toujours avant de partir parce que tant qu’à faire, quitte à arriver mort, autant arriver cuit. D’autant que ça n’entre pas dans les statistiques des tués sur la route. Homards m’ont tuer !... Non, excusez-moi, elle était facile celle-là. Tant pis, elle est faite, je l’assume. De toute façon, j’assume tout. C’est tout un travail, de transporter de la marchandise comme du poisson ou similaire dans sa propre voiture pendant deux à trois heures. Pour cela, il faut une bonne glacière, des briques qu’on a fait prendre au congélateur et sinon, des bons sacs isotherme. Mes collègues livreurs, eux, ils ont carrément les camions frigorifiques mais je n’allais tout de même pas en louer un, si ? Non. Non, non et non. Déjà que je bosse dans des odeurs marines qui ne sont pas des plus agréables, si en plus, je devais passer le week-end dans les mêmes fragrances, je dis non. Non, non et non. Cela suffit, comme dit si bien Arnold quand il n’en peut ou n’en veut plus. Oui, donc, je disais que non, pas de camion frigorifique pour faire la route pour St Maixent.

Vous rigolez (ou pas) mais le coup du camion frigorifique, j’y ai pensé pour le mariage. Ça a toujours une meilleure gueule… euh non, c’est toujours plus original qu’une calèche ou une limousine. Non, je blague. J’y ai pensé car en cas d’impossibilité de louer deux frigos complémentaires pour stocker les boissons qui se consomment fraîches (champagne, rosé, cidre…) et le buffet et les glaçons et le gâteau et tout et tout, pourquoi ne pas imaginer un camion qu’on laisserait branché et dans lequel on mettrait tout. C’était une idée peut-être un peu grenue mais pas si sotte que ça. Le seul problème, ce serait de tourner le dos à l’entrée de la maison pour ne pas devoir respirer les émanations de gas-oil et là, ça devient un peu compliqué car qui dit camion tourné, dit devoir en faire le tour à chaque fois qu’on a besoin de quelque chose et je pense qu’un soir de mariage, on a autre chose à faire que des tours et des tours de camion. Parce que dans ce cas, quitte à être un peu ridicule, autant faire la chenille ou la danse du balai. En amateur. Sinon, ça serait la danse du ballet mais ça, c’est la prérogative du président et je n’ai pas envie de marcher ni de piétiner ses plates-bandes. Et ce n’est pas la peine de chercher s’il y a un sens caché dans « plates-bandes », je n’ai aucune arrière-pensée textuelle en tête. Non, ma priorité, aujourd’hui, c’est d’apporter le poisson à bon port. Ça, c’est déjà plus drôle. Mais avais-je réellement besoin de le préciser ?