C’est en publiant le billet Brandebourg hier que ça m’est revenu en tête que je n’avais pas parlé plus que ça du sommet franco-allemand de dimanche dernier. Un sommet franco-allemand qui atteint des altitudes qu’on n’aurait soupçonnées avant qu’il n’ait lieu. Ce fut une journée comme on aurait pu en voir depuis des dizaines et des dizaines d’années, en toute harmonie et toute en amour. Ou toute en amitié. Des gens qu’on aurait aimé connaître. Maintenant, c’est fait. Des gens plutôt aperçus que connus, à trois reprises, lors de dîners, dont certains plus ou moins improvisés, chez eux et une autre fois chez Arnold. Parce que ce sont les meilleurs amis d’Arnold, sa famille, ses racines choisies par lui. Nati est un ange, m’a-t-il déjà dit et écrit depuis dimanche. Nati est peut-être un ange mais une chose est sûre que c’est une famille formidable que la famille Nagel. Une famille allemande ordinaire ? Ce qu’il y a de bien avec les gens ordinaire c’est qu’ils en deviennent soudain extraordinaires. Une famille unie par le plaisir d’être ensemble, complice et ouverte aux autres. Le père, la mère, la fille et le fils. Des gens qui s’aiment et qui aiment les autres. Des gens bien. Enfin des gens bien. Que nous avons dû aller chercher de l’autre côté du Rhin pour oublier ceux qui sont venus d’outre Meuse.

Oui, Nati est probablement un ange et elle est la sœur et la complice d’Arnold. Celle qui est toujours là quand il a besoin et même quand il n’en a seulement qu’envie. Ils étaient faits pour être amis, ces deux-là et en voyant Nati un peu plus précisément pour la première fois, en prenant et en passant un peu de temps avec elle, je comprends qu’ils se soient trouvés parce que c’était elle, parce que c’était lui. Et moi, ça me rassure. Robert, a priori, il peut faire penser à un bon bougre qui aime la bonne chair, les bons vins et le foot et il aime la bonne chair, les bons vins et le foot mais pas que. Il aime aussi s’intéresser à tout ce(ux) qui l’entoure(nt) et d’avoir vécu un peu plus d’un an en France, il y a bien longtemps (mais la France, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas), ça lui a donné un amour immense pour nous et il en a des beaux restes. Et Robert, il est attachant malgré le fait qu’il pourrait passer pour quelqu’un d’éventuellement un peu bourru. En réalité, il suffit de le laisser parler pour se rendre compte que c’est quelqu’un. Un mec bien. Un mec solide sur qui on peut compter. Et les deux font la paire. Ils m’ont ému quand, à plusieurs reprises, ils se tenaient la main dans les rues de Bordeaux pendant la visite touristique et digestive organisée gracieusement par le président qui a bien voulu leur donner un peu de son temps.

Sophia, c’est l’aînée, la grande sœur mais la plus petite par la taille. Comme quoi, ça prouve bien que ce n’est pas la taille qui compte. Sophia est un puits de curiosité, un puits de sciences et de culture (toutes proportions gardées car à 19 ans, on peut avoir quelques hésitations voire quelques lacunes surtout quand ce n’est pas dans sa langue maternelle). Sophie n’a que deux défauts majeurs : comme tout l’intéresse, elle a toujours un truc à dire ou une question à poser et donc, si on ne lui enlève pas ses piles, elle parle tout le temps. Et son autre défaut ? Elle est très attachante. La petite sœur ou la fille qu’on aurait pu aimer avoir chez soi. La même à la maison, c’est possible ? Quant à Frederich, la dernière fois que je l’avais vu, c’était lors de notre séjour à Berlin, il avait encore son côté un peu bouboule, bouille ronde d’un garçon qui hésitait à grandir en hauteur ou en largeur. Là, il approche des 18 ans et c’est devenu un charmant jeune homme, très affiné. Un peu timide. Sans doute qu’on est trop sérieux quand on a 17 ans. Supporter maladif de foot, il parle un peu le français presque sans accent et il n’a qu’un seul défaut : il ne parle pas assez. Et eux aussi, les deux enfants, quand ils donnaient la main à leur père ou à leur mère, dans les rues, ça faisait chaud au cœur et ça faisait oublier le vent froid sur les quais de Garonne. Parce que l’amour d’une famille, c’est bon comme quand on boit un verre devant la cheminée dans laquelle crépitent des étincelles et des flammes.