Il n’y pas que des Pascal célèbres et pourtant, même des pas connus, je n’en ai pas beaucoup rencontré dans ma vie, tant au niveau personnel qu’au niveau professionnel. Le passage à niveau de l’un à l’autre étant parfois tellement ouvert que ça a pu se mélanger. Aucune barrière, aucun garde-barrière et vogue la galère, roule la Micheline et s’en vont à l’infini les rails. Et pour les Pascal célèbres, c’est vraiment embêtant un jour comme aujourd’hui, car c’est aujourd’hui dimanche, tiens, voici des roses blanches car des roses blanches, c’est encore ce qui va le mieux au teint des morts, pâleur contre blancheur, c’est ton sur ton, d’assez bon goût. Eh bien non, Pascal, même si c’est aujourd’hui dimanche, ce n’est pas le jour des roses blanches mais celui des œufs en chocolat voire celui des dragées, non, pour les dragées, c’était hier, mon petit lapin. Mon petit canard. Tiens, justement, te voilà, toi, mon petit canard. Tu sais que ce midi, tu devras être très gentil pour faire plaisir à ton le monde. Pour ravir les papilles de tous les convives (à ne pas confondre avec vivent les cons, je ne me permettrais pas !) Oui, parce que ce midi, après les sages agapes du dîner d’hier soir chez Ramet, à l’occasion du mariage du patron, ce midi, c’est réception franco-allemande à la maison. Déjeuner typique du Sud-Ouest. Et peut-être une exception avec un peu de vin blanc, celui qu’on boit sous les tonnelles du côté de la vallée du Rhin…

Tu vois, Pascal, quand je repense à la noce d’hier, une petite noce en grande pompe (on a la grande pompe qu’on veut bien se donner), ce n’est jamais que la confirmation qu’on a bien trouvé la chaussure à son pied et ce n’était qu’une validation (définitive ?) de cinquante ans de vie commune, ce qui n’est pas commun en soi. Une validation. Et à partir de ce moment-là, toute sortie sera considérée comme définitive. C’est la loi. Et je remercie madame l’adjointe au maire de Talence pour sa cordialité, sa bonne humeur et cette complicité qu’elle a partagée avec nous. Une femme toute en clins d’œil au point d’en mettre un début de larmes au coin des miens. Je la remercie et j’espère seulement que dans un peu moins de deux mois, quand ça sera mon tour, l’ambiance sera aussi joyeuse et détendue. J’ai aimé cette cérémonie à la fois courte mais intense. J’ai aimé me trouver là. Être témoin et je peux vous assurer que j’ai bien observé ce qui s’est passé au cas où on me poserait des questions le jour où je serai moi-même convoqué. Pour dire ce qu’il faudra dire et le dire bien. Je pense que ça sera de mon niveau comme le passage du même nom, ce qui est bien, qu’un passage soit pour un témoin. Quelque chose qui aurait vaguement à voir avec un relais. Un pont entre deux rives.  Je garderai un souvenir un peu ému (plutôt beaucoup mais je suis pudique) de ce mariage entre nous. Avec un temps idéal : soleil pas trop chaud dehors et soleil parfait dedans.

Et ce que j’aime, moi, Pascal, c’est oublier qu’on est un jour de fête religieuse, catholique et tout et tout. Pour moi, si ce dimanche est un dimanche de fête, c’est parce que je vais recevoir Nati, Robert, Sophia et Frederich. Un juste retour des choses. Ils m’ont gentiment reçu à peut-être trois reprises quand j’allais passer quelques jours chez Arnold, à  Wiesbaden et aujourd’hui, alors qu’ils sont dans le coin pour une semaine, je n’aurais pas pu faire autrement que de leur proposer de venir déjeuner avec nous. En toute simplicité mais en mettant malgré tout les petits plats dans les grands. Comme la petite noce d’hier dans la grande pompe. Mais si hier soir, ce fut sophistiqué, ce midi, ce sera plus convivial. La table sera belle comme pour une table de fête de famille. Comme si c’était un dimanche de fête. Tu comprends, Pascal ? Oui, je suis sûr que tu me comprends. À demi-mots. Et non pas comme Demi Moore, ça ne voudrait alors plus rien dire. Oh, c’est vrai que je ne suis plus à ça près et non pas à cyprès. J’ai l’âme légère, ce matin et pourtant, j’ai du travail en cuisine qui m’attend. Mais tel le phénix, je pourrai peut-être renaître le mes cendres, ce que n’a pas su faire Jeanne d’Arc en son temps et aller m’y mettre. Commencer par les asperges parce que deux kilos, ça en fait à éplucher. Continuer par les fraises, car un kilo, ça en fait. Dis, tu m’écoutes, Pascal ?