Oui, c’est le moins que je puisse dire. Je suis tombé sous le charme. Pour être franc, je partais à Barcelone en me disant que j’allais être déçu. J’en avais entendu tant et tant de bien que non, ça ne pouvait pas fonctionner sur moi. Esprit de contradiction ? Peur de ne pas trouver ça à la hauteur du dithyrambe de tous ceux qui m’en avaient parlé. Des Ramblas. De la Sagrada Familia. D’Antoni Gaudi.  Et cétera, et cétera, et cétera como se dice allà. Eh bien oui, je suis conquis (j’t’adore !) et j’ai même été envoûté par cette capitale de la folie. Par le Modernisme de Gaudi, de LLuís Domènech i Montaner. Et de tant d’autres visionnaires.

Si je ne devais retenir que trois lieux, trois monuments, trois coups de cœur qui m’ont chaviré  d’émotion, ce seraient El Palau de la Música Catalana, la casa Battló et la Sagrada Família, si, si. J’ajoute « si, si » parce que contre toute attente, avec cette dernière, c’était loin d’être gagné. Et vous savez, je suis forcément restrictif et réducteur car je vais devoir passer sous silence l’excellent Museu Picasso, la Basílica Santa Maria del Mar, les ambiances et les atmosphères des rues, des vieux quartiers, les sculptures monumentales qui viennent, çà et là, colorer la ville au détour de regards qui ne savent plus trop où aller se poser.

La casa Battló. C’est sans doute, des créations de Gaudi, celle dans laquelle j’ai préféré être, bouger, évoluer, ressentir et me laisser faire. Parce qu’elle était de dimensions tout à fait à ma taille, parce que tous ces éléments rappelant la mer qui auraient pu être monstrueux ou malvenus étaient dans une telle harmonie de formes et de couleurs que j’en suis resté un peu coi. J’ai aimé le puits de lumière et ses dégradés de bleus, ces azulejos pas tous réguliers. Et j’ai trouvé que c’était une maison dans laquelle il a dû faire bon vivre. Et toutes ces perspectives parfois tant inattendues. Et ces arrondis… Et ces jeux de lumières naturelles… Un enchantement.

Battlo 1        Battlo 2        Battlo 3

Le deuxième choc fut la visite du Palau de la Música Catalana. Là, on oublie Gaudi et on découvre Domènech. Cet homme a voulu construire un palais dédié au chant choral, qui continue d’en présenter mais qui donne aussi les notes à toutes sortes de musiques, de nos jours. C’est un palais qui mêle harmonieusement le luxe et le chic des grands théâtres avec le petit grain de folie naturaliste du modernisme. Et où que l’œil se pose, ce n’est que plaisir des formes et des couleurs, là encore. Et cette majestueuse coupole centrale, en vitraux, baignée de la lumière du jour… On n’y entre comme on entre dans une église mais on se retrouve comme pour un dimanche à la campagne.

Palau Musica 1       Palau Musica 2       Palau Musica 3

Concernant la Sagrada Família, là, ce fut particulièrement époustouflant car je n’en connaissais que des images vues dans des revues ou à la télévision, de cette église monumentale et monstrueuse, que je trouvais a priori plutôt laide d’extérieur et dont j’ai surtout découvert certains codes permettant d’en comprendre le sens. Mais le must fut d’y pénétrer et d’être saisi par tant de lignes aériennes, de pureté et de lumière. De lumières. Impossible d’en ressortir tant j’étais sous le charme de cette ambiance qui prête naturellement à s’y recueillir même si ce n’est que pour soi comme je l’ai fait. Bien au-delà de l’homme et même du divin.

Sagrada 1       Sagrada 2       Sagrada 3