Pour faire suite à mon billet d’avant-hier sur les questions qui semblent ne pas avoir de réponse et sur la première fois qu’un homme a trait une vache et tout et tout. Je me suis souvent demandé comment ça s’était passé chaque première fois qu’un être humain a découvert qu’on pouvait manger, cuire, travailler un aliment : un fruit, un légume, de la viande, des œufs ou autre. Mais les fruits et légumes, à la limite, ça semble assez cohérent. La viande aussi. Pour « autre », on s’en fout mais pour les œufs, c’est sans doute tout une (pré)histoire.

Imaginez que ça se soit passé au temps des hommes préhistoriques. L’Homme qui n’a sans doute pas vraiment de nom ou alors juste un truc genre « Machin » ou « Hep, toi, là-bas » ou encore « Psttt » qui devaient sans doute respectivement se dire (quoique difficile à prononcer, je n’ai pas fait Neandertal première langue, moi) : « Groumpf », « Grroumpf » et sans doute « Grroumpff », ce qui n’est pas tout à fait pareil si on a une bonne oreille. Je vous laisse juge. J’espère juste que je n’ai pas mélangé les trois traductions car sinon, ça pourrait gêner pour la suite de ce que je veux raconter.

Imaginons que je ne me sois donc pas trompé sur les trois prénoms dont je parlais au paragraphe précédent et imaginons que l’homme en question s’ennuie et en baguenaudant, tombe sur un œuf. Imaginons qu’il ne s’agisse que d’un œuf de poule. Pas de dinosaure, non. Il le prend et il le casse mais tout tombe par terre et comme il est un peu mieux élevé que ce qu’on peut croire, il ne s’abaisse pas à lécher le sol. Non, il tempe juste son doigt dans l’œuf cassé et se dit que « groumpf » (ce qui signifie « bof » dans son langage primitif.)

Comme un des potes de son clan vient d’allumer un feu, il décide de prendre un autre œuf et de le jeter dans le feu. Ce qui n’arrange toujours pas ses affaires. « Groumpf » s’écrie-t-il en constatant que l’œuf s’est cassé dans le feu mais que contrairement à tout à l’heure, il cuit un peu et donc, quand il veut y mettre son doigt, il se brûle en hurlant « groumpf » mais ça ne l’empêche pas de goûter au truc car c’est un vrai mec, un dur à cuire et il trouve ça un peu meilleur. Voire presque bon si ce n’étaient les débris de coquille qui eux, ne sont pas terribles en bouche.

Et donc, c’est grâce à lui, qui a dû recommencer maintes et maintes fois jusqu’à ce que son pote Groumpf invente un récipient qu’on pouvait poser sur le feu en y mettant l’œuf à cuire dedans mais sans sa coquille, qu’aujourd’hui, nous aimons manger des œufs au plat ou en omelette voire brouillés. Mais ça ne s’est pas fait en un jour. Forcément. Parce que peut-être qu’il avait des idées, Groumpf mais ce n’était pas un hyperactif du cerveau donc, il lui a fallu du temps. Et un peu de casse avant de trouver la bonne recette. Je crois qu’on peut le remercier.