Bon, ben ça y est, nous nous sommes décidés, nous allons nous marier. Comme dans la chanson d’Annie. Oh bien sûr, j’en parle mais c’est juste histoire de causer. On ne peut pas dire que ce sera un grand mariage par la pompe mais juste une cérémonie en toute intimité, sans fleur ni couronne, juste histoire de profiter de ce nouveau droit qui nous est offert. On ne va pas se la jouer mariage du siècle ni même mariage princier. Juste un quart d’heure à la marie et si ça se trouve, ensuite, en attendant le repas du soir, j’irai peut-être au cinéma s’il y a un film qui m’intéresse ce jour-là.

Avec un peu de chance, nous serons deux fois plus nombreux que pour le mariage de mon meilleur ami, le 19 avril, dans pas longtemps. Dans quinze jours, oui, au fait ! Et diable, que vais-je mettre à l’occasion de ce mariage où je serai témoin mais qui sera comme une répétition pour celui du 14 juin ? Et si je m’offrais le culot plaisant ou le plaisir culotté de porter la même tenue pour les deux cérémonies ? Vu que nous ne serons que 6 le 19 avril et que 50% de ces six ne seront pas là le 14 juin…

J’ai l’air, comme ça, de tout prendre à la légère mais ça me fait quand même tout drôle et d’avoir « invité » mes parents à faire partie des témoins, ce n’était pas rien. Symboliquement, ça nous engage, eux et moi. Comme une façon de resserrer des liens qui le sont pourtant déjà pas mal. Après, il restera à voir qui nous allons inviter pour le dîner qui ne sera pas comme dans les autres mariages. Il n’y aura pas d’animateur, pas de disc-jockey, pas de pièce montée, pas de photo de groupe par un professionnel et pas de jarretelles à aller chercher on se demande bien où.

Non, ce sera une journée quasiment comme les autres si ce n’est que nous irons passer un quart d’heure à la mairie à 14h45, que normalement, à 15h, ce sera quartier libre pour tout le monde, que le soir, nous prendrons un repas amélioré, peut-être entre nous, peut-être douze que nous serons. Un repas amélioré ? C’est-à-dire qu’il y aura fromage et dessert ? Peut-être, on va voir. Peut-être deux sortes de fromage et deux desserts. Mais pas de salade, alors, il ne faudra pas nous alourdir pour un soir.

Ça va être rigolo, peut-être émouvant, certainement un peu insolite ou incongru. Y aller comme on va aux champignons ou aux fraises. Avant de sucrer ces dernières et de se retrouver dans la misère. C’est juste une régularisation de quelque chose qui commence à faire date. Et on nous dit qu’il faut toujours sortir couvert. Protégé. Prenons ça comme une protection. Dans le fond, ça ne changera pas grand-chose. Si ce n’est, je l’espère, le plaisir d’être ensemble pour un jour somme tout pas tout à fait si ordinaire que ça.