Adorer, affectionner, aimer. C’est ou ça ou l’inverse. Personnellement, malgré ma fatigue (je m’étais levé à 3h, comme tous les samedis quand je travaille), j’ai aimé l’ambiance qui, pourtant, aurait pu m’agacer, m’asticoter, m’attrister. Non, je me suis même laissé bercer par tous ces bavardages, tous ces verbiages et toute cette folie qui m’a entraîné dans une espèce de somnolence à plusieurs reprises. Je me suis laisser aller à me laisser bercer. À me laisser abuser, agiter, apaiser. C’était loin d’être désagréable. Parfois un peu crispant d’avoir l’impression de passer à côté de quelque chose mais la futilité de tout ce qui se passait, au fond, quelle importance. En vérité, je vous le dis, il faut rester. Il faut s’accrocher, s’agripper et ne pas abdiquer. Le premier quart d’heure est déroutant, ni américain, ni aquitain, ni angevin. Ah que c’est bon d’être là. À côté de quelqu’un qu’on aime, en plus. Car aimer, ça donne des ailes. Ça fait aller. Ça rend baba. Ça rend béat. Ça rend bêta.

Biberonner, buvoter, boire. Garder une poire pour la soif. Ne pas se laisser dessécher. Ne pas vieillir prématurément. Boire tout son saoul. Un verre avec Sabine Azema, un verre avec Caroline Silhol et un verre avec Sandrine Kiberlain. De quoi se sentir prétendant au milieu de reines et de princesses. Balbutier, baragouiner et bavarder. Ne pas laisser les silences de la timidité s’installer. Dans le film, il n’y a pas de silence ou alors, je ne les ai pas remarqués. J’étais confortablement installé au milieu de ces trois femmes. À les écouter, patiemment, à tenter de les comprendre, à acquiescer quand je jugeais que c’était le moment. Je me suis fait bobiner, je me suis laisser badiner et je me suis fait bichonner. Et je n’ai pas vu le temps passer. Et je n’ai pas su quand ça allait s’arrêter mais ça m’était égal. Il n’y a pas d’imparfait au verbe chaloir. Je suis resté sans broncher, sans bruire et sans blaguer. C’était bientôt l’heure de commencer, de me déplacer et de relancer.

Chantonner, chuchoter et chanter. Retrouver les trois ténors. Michel Vuillermoz, Hippolyte Girardot et André Dussolier. Changement de registre. Là, c’est plus carré. Là, on cumule, on combine et on concentre. On ne laisse rien passer. On collige, on concilie et on corrèle. Mais aussi, je le reconnais, on déconne. Hé, les mecs, vous n’êtes pas sérieux. Arrêtez de jouer aux coriaces, aux courageux et aux cassants. Vous êtes des mômes. Vous vous laissez convaincre, circonvenir et catéchiser. Mais vous vous en sortez par vos sempiternels et incessants caprices, votre cran et votre constance. Vous m’avez sidéré. Vous m’avez séduit mais vous m’avez aussi fait un peu peur. Je vous ai trouvé plus craintifs, circonspects voire chafouins. Quoiqu’il en soit, comme les meilleures choses ont une fin, qu’on arrivait à ce moment-là, dites-moi, les mecs plus ultra, entre nous, plus de tralala, plus de blabla. Clap de fin. Clap, clap, clap. Chabada bada chabada bada bada…