Il y a cinq jours alors que je m’auto-louais ou plutôt, alors que je vantais mon prénom de façon fort discrète, personne ne s’est rendu compte que c’était aussi un jour anniversaire, celui de l’an de ce blog. J’ai failli écrire « des un an » de ce blog car autant je peux être capable de faire comme tout un chacun et le dire à tire-larigot, autant, l’écrire me heurte profondément, intellectuellement et physiquement car ça m’occasionne un bleu dans les neurones.

En même temps, cela valait-il la peine de fêter le premier anniversaire de ce blog qui passe beaucoup plus de temps dans l’ombre que dans la lumière, beaucoup plus de temps dans le silence que dans le bruit et beaucoup plus de temps dans le calme que dans la fureur. Les grandes douleurs sont muettes ? Ce blog aussi. Et comme qui ne dit mot consent, forcément, je suis d’accord avec lui, l’autre moi. Celui qui se permet de se dévoiler aussi sur une toile forcément inconnue.

Je ne l’ai pas fêté, pas même en catimini, cet anniversaire et j’ai fait comme si de rien n’était pour voir si j’allais m’en rendre compte à un moment ou à un autre. Mais les jours ont passé, un deuxième, un troisième, un quatrième et un cinquième. Aujourd’hui, comme c’est un peu le dernier jour d’une série, j’ai pensé que, malgré tout, les choses méritaient d’être dites. Peu importe de ce que cela deviendra alors mais ce sera non seulement dit mais aussi écrit.

Les paroles s’envolent toujours vers d’autres cieux, les écrits restent toujours les pieds sur terre. C’est pour ça qu’il existe, ce blog. C’est un moyen de ne pas m’évader trop loin dans des mondes trop imaginaires au risque de ne jamais pouvoir en revenir. Et aussi parce que tout fixer comme des photos sur un tableau mural ou dans une vitrine devant laquelle les passants ont le choix de s’arrêter ou pas. Je ne ferai pas de racolage. Nous n’existons que dans le plus pur des hasards.

Aussi, aujourd’hui, j’ai juste voulu, avant le changement d’heure et donc, peut-être changement d’humeur, évoquer brièvement tout ça. Parce que demain, à cette heure-ci, il sera trop tard et je me dois de faire le plus de choses à temps pour ne pas prendre le risque de me faire déborder par mon esprit qui est déjà passé à autre chose depuis un moment. Je termine ce billet en mode pilotage automatique, je suis déjà parti aimer, boire et chanter.