C’est bon d’aller se coucher et de se laisser aller nonchalamment dans un lit pas encore tout à fait chaud (je parle d’hier soir) mais très vite confortable et se dire qu’on n’a peut-être pas beaucoup de temps de sommeil devant soi mais que c’est toujours bon à prendre. Et advienne que pourra. Chaque soir, je suis un peu Scarlett O’Hara car pour moi, pour chaque soir, demain est un autre jour. Et je me laisse bercer par les non-événements qui ne m’arrivent pas dès que je suis en position horizontale. Je bouquine, jamais longtemps car je m’endors très vite. Ou je regarde la télé, encore moins jamais longtemps car la télé me soporifise. Je n’ai jamais trouvé mieux comme moyen de m’endormir que d’être allongé devant ou vautré sur le canapé du salon, toujours devant. Ou alors, je ne fais rien d’autres que fermer les yeux et laisser mes pensées vagabonder comme pour une projection privée, comme un ciné-club à un seul adhérent. Mais ça ne dure jamais très longtemps. Car il y a toujours un moment où j’ouvre d’abord un œil avant d’ouvrir le deuxième. Et alors, alors, alors…

Cette nuit, c’était à 2h et quelques. Et moi, à deux heures, je peux vous dire que je ne suis pas disert. Je commence toujours par vérifier l’heure au radioréveil car si je ne le fais pas, je ne me rendormirai pas jusqu’à ce que je l’aie fait. Parce que, alors, ça me rassure. De savoir que j’ai encore plus de deux heures, près de deux heures trente avant l’heure officielle du lever pour aller travailler. Et si je me réveille à une heure pas tout à fait fixe ou ronde, je calcule les heures et les minutes qui me restent, non sans parfois avoir bien réfléchi à si on est bien un jour à partir bosser ou pas. Bref, une grande activité neurologique. Et je me rendors. En général. Mais parfois, c’est plus complexe que ça. Il suffit que j’aie envie de faire pipi ou de boire un peu et je me lève. Et j’en ressens le besoin, je vais jeter un œil à la fenêtre avant de repartir me mettre au chaud du lit, avant de me remettre au goût des draps encore un peu chauds. Et cette fois, c’est pour de bon que je me rendors. Comme un bienheureux. Sauf les jours de migraine. Mais je me rendors quoiqu’il arrive.

Cette nuit, c’était un sommeil omnibus. Il y a eu d’autres arrêts pas forcément prévus. À 3h45, je me souviens parfaitement que je me suis dit qu’il me restait 55 minutes avant de devoir me lever, avant que le devoir ne m’appelle. Et je me suis rendormi. Sans oublier que j’avais toujours mal à la tête. Putain, non, ce n’est pas parti. Mais je ne me lève pas, je reste couché coûte que coûte et vaille que vaille. Et je me rendors. Enfin pas tout de suite. Parce que je vérifie l’heure vers 3h50. Au cas où j’aurais mal vu, tout à l’heure. Et je me rendors. Et je ne rêve pas toujours. Parfois oui, parfois non mais jamais, jamais je ne rêve que je dors. Alors, quand le moment de quitter le lit arrive, toujours un peu avant, j’ouvre un œil, je regarde l’heure, il est 4h35, chouette, il me reste encore cinq minutes. C’est royal ! En revanche, j’ai toujours mal à la tête. Je pense que je vais faire avec. Encore une journée qui promet après une nuit qui n’a pas tenu ses promesses. Encore une fois, je n’ai pas accroché tous les wagons. Mais je suis un usager très habitué à ça. À d’abord bien m’endormir puis ensuite, de plus en plus en pointillés. De plus en plus en …