Depuis quelques temps, je cherche quelque chose que je ne trouve pas. Je fais donc partie de ces chercheurs à qui on ne donne pas les moyens suffisants et nécessaires de faire correctement leur travail, ce qui leur permettrait de trouver et de passer à autre chose. Et moi, je cherche désespérément comment on appelle les mots qui n’ont pas de synonymes. Parce que ça porte forcément un nom, la langue française est assez riche pour ne pas avoir oublié d’inventer un mot pour ça.

Vous allez me demander à quoi ça sert d’avoir un mot pour désigner ceux qui n’ont pas de synonymes ? Tout simplement à les différencier des autres. Mais aussi à faire le Kéké en soirée et encore à poser la question dans des concours intelligents et donc, de faire que les gens se creusent un peu la cervelle. C’est pas plus compliqué que ça.

Par exemple, il n’y a pas de synonyme au mot « foie », en tant qu’organe du corps humain ; à « oxymore », figure de rhétorique du genre : un illustre inconnu, un silence éloquent, un mort vivant (des associations de mots contradictoires) ou encore à « islamologie » qui, comme son nom l’indique, signifie ce qu’il veut dire. À la différence de maison, vadrouille ou rotoplot qui eux, ont plusieurs synonymes. Alors la question est bel et bien : comment les différencie-t-on ?

Et, en poussant la réflexion un peu plus loin, non, pas si loin que ça, juste là, ça ira, merci, on peut aussi se demander comment on appelle des mots qui n’ont pas de contraires. À propos, je vous signale qu’on dit antonyme, c’est plus classe que contraire. Donc, comment appelle-t-on des mots qui n’ont pas d’antonymes ? Exemple, le mot museau a-t-il un contraire ?

Si je vous parle de ça, c’est que tout à l’heure en faisant mes courses à Auchan, je passais à côté du rayon des champignons et des poivrons quand j’ai croisé un père de famille d’une trentaine d’années qui était accompagné de son fils de six, sept ans, à vue de nez (je n’avais que trois pommes pour le mesurer…) qui a posé la vraie question : papa, c’est quoi le contraire de pomme de terre ? Je ne te connais pas, petit bonhomme mais j’aime beaucoup ta façon de penser. Sauf que tu vas connaître la frustration toute ta vie. Comme moi.