Pourtant, j’en suis sûr, il n’y avait qu’un seul accès pour les piétons, dans ce parking souterrain. Encore que souterrain, ça n’est pas vraiment le mot adéquat puisque c’était en hauteur mais, étrangement, dans le noir le plus absolu. Comme une montée dans les ténèbres. Une montée aux enfers. Parce que franchement, déjà que je me souvenais fort bien d’avoir perdu beaucoup de temps à trouver une bonne place pour m’y mettre…

Si en plus l’accès, l’unique accès, pour retrouver mon véhicule, était sombre comme la nuit, noir comme l’ennui et sinistre comme la douleur, autant vous dire que ça ne m’engageait pas vraiment à y aller. Mais j’en avais assez d’être là et je n’avais qu’une envie, celle de retourner dans un pays plus ensoleillé, dans un monde plus coloré sous un ciel bleu avec les premiers signes d’un printemps en bourgeon et de respirer un grand bol d’air.

C’est d’ailleurs toujours ce que je prends au petit déjeuner, avant même de boire du café, un grand bol d’air. J’ai besoin de respirer, de savoir que je peux le faire. Sinon, je me sens étriqué voire claustrophobe de ma propre vie. Et là, j’étais franchement limite de les dépasser. Il fallait absolument que je reparte vers un monde meilleur et le plus rapidement possible. Mais je ne trouvais rien d’autre que des espaces vides qui, étonnamment, étaient plus impressionnants que s’ils avaient été pleins.

La peur du vide m’a étreint et je me suis senti devenir mal sous la lumière blafarde de mes propres maux. Je ne retrouvais pas mes moyens et encore moins, pour commencer, celui qui me permettrait de quitter ce sale endroit. Et, comble de mon stress et de mon désespoir, je me suis vite rendu compte que j’étais dans une impasse. J’avais réussi à pénétrer là mais il me semblait bien que de plus en plus, il me serait difficile d’en sortir car il n’y avait manifestement plus aucune issue. Pas même celle par laquelle j’étais arrivé.

On peut entrer dans le mal et la douleur aussi facilement que dans un moulin mais pour en sortir, c’est une autre histoire. J’allais peut-être devoir me résoudre à rester enfermé là et j’ai commencé à paniquer, ce que je n’aurais pas dû faire, évidemment. Mais j’avais mal, si mal que j’ai vite compris que je n’aurais pas d’autre choix que celui d’attendre une issue de secours. De tout subir jusqu’à ce que cela se passe. Finalement, c’est tout moi, ça, interdit de stationner mais sans possibilité de circuler. Même dans ma tête.