À cinq jours près, ça fait encore un peu à patienter mais est-ce que seulement, il sera à l’heure ? Plus que cinq fois un gros dodo et normalement, tout rentrera dans un certain ordre plutôt plaisant, un ordre juste, comme disait Ségolène. Un ordre que souhaite tout le monde à de rares exceptions près, un ordre qui fleure bon la sève qui monte et la naissance de petits oiseaux qui vont apprendre à voler de leurs propres ailes quand leurs parents jugeront qu’ils pourront quitter le nid familial.

Un ordre qui va nous apporter un peu de couleurs dans un monde dont le moral semblait un peu en berne. À cinq jours près, tout le monde devrait se réveiller avec un œil un peu neuf. Un peu moins abattu de cette hibernation subie. Un ordre qui va faire que c’est dehors que tout va se passer. Ne rien refouler, laisser sortir ce qui doit sortir et laisser faire ce qui doit être fait. Ne rien empêcher. Un ordre où il sera malgré tout question de compétition car que le meilleur gagne, encore et toujours.

À cinq jours près, nous allons avoir l’impression que la méthode Coué fonctionne. Car symboliquement, quand ces cinq jours seront définitivement passés (chaque jour passé est un jour de plus, chaque jour passé est un jour sur lequel aucun retour ne sera plus jamais possible et au-delà de cette limite, aucun ticket ne sera plus valable), quand ces cinq jours seront passés, nous serons prêts dans notre tête à penser à autre chose. À vouloir tout tirer vers le haut.

À cinq jours près, rien à voir avec les élections municipales qui n’ont rien de naturel et qui ne sont pas franchement ce qu’on pourrait inclure dans un ordre juste. Non, à cinq jours près, me revient en mémoire ce poème que j’avais écrit alors que j’avais douze, treize, quatorze ans et que je parlais du retour de cet homme tant attendu, de ce marin trop longtemps parti, de cet amant retrouvé. Quand reviendras-tu ? Dans à peu près cinq jours. Et nous pourrons alors sortir ensemble dans la rue.

À cinq jours près, ce sera le retour d’un ordre nouveau, un ordre qui va créer ces doux désordres de la nature qui pointe le bout de son nez, qui va sortir d’un peu partout, de la terre, du ciel. Un ordre d’où les avions ne disparaissent pas. Un ordre où les jours seront de plus en plus longs, bientôt plus longs que nos nuits. Un ordre vers la lumière et le bleu du ciel bleu. Un ordre printanier. Un juste retour des choses. Une renaissance, un regain, une réapparition. Une vie. La vie.