Je ne sais pas si je souffre d’un complexe mêlé de paranoïa et de persécution mais une chose est certaine, ça m’arrive toujours à moi et pas à de nombreux autres. Et comme je ne prends pas souvent le train (on prend le train ou on ???), forcément, quand ça m’arrive, j’ai vachement conscience de ce que je subis. Et je me demande s’il n’y a que moi dans ce cas-là, ce que j’ai tendance à croire. Et parce que je sais, au fond de moi, que j’ai raison. Sur ce point-là. Et sur tant d’autres. Mais ça, c’est un autre sujet.

Je m’explique : vendredi, nous avons un départ de Bordeaux Saint-Jean à 15h23 pour aller à Angers via Saint-Pierre-des-Corps, avec une arrivée prévue à 18h58. La correspondance était prévue entre 17h58 et 18h06. Huit minutes, quand on est jeune et alerte, c’est sans doute faisable. Quand on est moins jeune et un peu moins alerte (parce que, avec une valise un peu lourde et un grand sac plastique plein de cadeaux, on est vachement moins alerte.), ça devient un peu plus compliqué mais il y a encore un autre cas où ça se corse. Vous voyez de quoi je veux parler ? Vous voyez de quoi-t-est-ce qu’il est donc question ?

Il y a le cas où le train de Bordeaux arrive à Saint-Pierre-Encore en retard. Je dis encore parce que ça ne doit pas être la première fois. J’ai des vagues souvenirs de quand je faisais souvent des allers et retour Bordeaux-Paris. Et ce cas, nous l’avons connu vendredi. Nous avions dix minutes de retard. Et pour notre correspondance, ça s’annonçait sportif voire mission impossible. Et, forcément, nous étions à l’autre bout du train, à l’autre bout de l’escalier pour passer sous les voies, à l’autre bout du quai et la dame, dans son haut-parleur, nous disait de faire vite car le train régional attendait et bon, on sentait que ça commençait à bien faire. Comme si c’était notre faute.

Je passe sous silence la course effrénée dans les escaliers, sur les quais, pour monter dans le premier wagon venu et trouver deux places pour s’installer et reprendre son souffle. Et, au retour, nous voici de retour à la gare d’Angers Saint-Laud. Départ à 17h00, un dimanche, dans un train trop petit pour contenir tous ceux qui voulaient monter dedans et s’y asseoir avec un bagage. Du retard à l’arrivée de Saint-Pierre-Encore-et-Encore. Moins de deux minutes pour la correspondance avec tous les passagers qui veulent faire comme nous : aller vite pour ne pas rater le train suivant. Et toujours autant de quai à parcourir, d’escaliers à descendre et de gens à dépasser.

Ces deux minutes, nous les avons dépassées mais ça tombait plutôt bien, le TGV pour Bordeaux était en retard. Cinq minutes, dix minutes, plus de dix minutes. Et là, enfin dans le train pour revenir chez nous. Avec vingt-cinq minutes de retard à l’arrivée. Et comme nous étions en queue de train (un double TGV) et que la station de tram est plutôt du côté de la tête, dans ce sens-là, encore des couloirs et tout et tout. Et la pluie. Et l’attente de la correspondance du tram. Sans parapluie. Sans abri réel à la station. Mais comment font-ils les gens qui sont toujours au niveau des correspondances et tout ça ? Moi, ça ne m’arrive jamais.