Je ne sais pas qui a vu le reportage, un peu édifiant, sur les abus de la filière poisson mais moi aussi, j’ai des choses à dire. D’une part, car je travaille dans cette filière et d’autre part, parce que j’en ai aussi un peu assez d’entendre et de lire tout et n’importe quoi, surtout n’importe quoi, dans les medias, principalement dans les journaux télévisés. Alors, moi aussi, aujourd’hui, je vais revendiquer un droit à la parole a contrario de toutes ces carpes qui font partie de la minorité silencieuse.

On nous dit que le poisson est rare et cher. Bientôt, à force d’entendre de telles informations tronquées, vous allez voir que les poissonneries vont se faire cambrioler et au lieu d’apporter des yaourts aux fruits pour offrir à vos amis qui vous invitent à dîner, il sera de bon thon d’apporter un bouquet de crevettes ou un joli bar de ligne pour ceux qui auront vraiment les moyens, ce qui, en temps de crise me semble totalement indécent.

Pourquoi cette information est-elle tronquée ? Parce qu’on nous parle de la raréfaction de certains poissons en ces temps de tempêtes et donc de sous-pêche mais s’il est vrai que la sole, le turbot, le bar sauvage et consorts sont devenus des produits de luxe, n’oublions pas qu’il existe des tas de poissons bon marché qui sont de saison et qui sont régulièrement sur les étals des marchés : maquereau, merlan, dorade grise, mulet et merlu. Alors, avec ces bêtises qu’on nous raconte, on incite les gens à ne plus acheter ces bons produits à prix abordables.

Ensuite, je suis agacé de voir tout ce que je vois, de savoir tout ce que je sais et que personne n’en parle vraiment, sauf dimanche soir, sur France 5, le fameux reportage sur la filière opaque du poisson. On a enfin parlé des étiquettes qui annoncent soit disant le nom et le type du produit, sa zone de pêche et tout et tout. Pour l’avoir vu et le voir régulièrement dans le cadre de mon travail, je peux vous dire que c’est monnaie courante et il était temps qu’on dénonce cette pratique de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Et les noix de St Jacques qui nous font nous lécher les babines sur les cartes de restaurant. Je ne conteste pas le produit en lui-même, non, je conteste le fait qu’on nous vend de la noix traitée pour de la noix fraiche. De la préparation en eau un peu laiteuse pour les faire gonfler. Alors, si je le sais, ça ne me dérange pas mais si on me trompe sur le produit, je ne suis pas d’accord. Vous allez voir que bientôt, on va trouver, non pas du cheval, dans les poissons qui finiront dans nos assiettes mais de l’hippocampe. Ça fera un nouveau scandale sanitaire de plus.