L’alluvion progressive et l’effritement de la montagne s’accomplissaient toutefois dans tous les domaines et en chacun.

Il est des phrases qui marquent. Celle-ci m’a sauté aux yeux du bas de la page 447 du livre que je suis en train de finir de lire. Et cette phrase a eu un effet étrange sur moi, je l’ai lue et je suis passé à la suivante. Et je suis revenu à celle-ci, pour la relire et la relire encore. Comme pour m’en imprégner. Car, et je ne sais pas pourquoi, les mots qui la composent m’ont parlé au plus profond de mon âme et j’aurais aimé la faire mienne, cette phrase.

Il en est des phrases comme des gens qui nous entourent, connus ou inconnus ou mal connus. On peut s’en faire une première idée, pas forcément la bonne, sur leur aspect ou sur ce qu’on a pu nous dire d’eux, sur le peu de choses qu’on sait d’eux. Et dans ce livre de plus de 500 pages, je n’ai pas compté le nombre de phrases que j’ai pu lire. Et celle-ci (pourquoi celle-ci ?) qui s’accroche à moi alors que les autres, sont passées sans me voir.

Ou moi, plutôt, je suis passé sans les regarder, je les ai vues, je les ai lues et en bon lecteur frivole que je suis (l’esprit de l’homme est faible et la chair est lasse !), je suis passé aux suivantes. L’air de rien. Sans en avoir l’air. Juste les paroles. Parce que les écrits restent quand les paroles se sont déjà envolées dans des pays plus chauds pour éviter le refroidissement du cœur des hommes, cet hiver de plus en plus menaçant. Et malheureusement comme inéluctable car nul n’y peut mais.

L’alluvion progressive et l’effritement de la montagne s’accomplissaient toutefois dans tous les domaines et en chacun.