Ça y est, ce sont les jeux olympiques d’hiver et son cortège d’hyper-couverture médiatique au point de nous en faire frôler l’overdose, de la poudreuse et de la blanche. Et c’est le temps venu de l’observation à outrance et du recensement des inévitables couacs qui vont se produite à quelque niveau que ce soit, dans l’organisation, dans les épreuves, dans la liberté ou la non-liberté d’expression et tutti et quanti et tutti et frutti. Mais pas chianti. Alors moi, pour oublier un peu tout ça et pour revendiquer le droit de penser à autre chose et d’avoir d’autres plaisirs, je préfère écouter les vocalises de Rachmaninov par Anna Moffo. Enfin, j’attends de pouvoir les écouter. Dans quelques jours peut-être. Normalement.

Et pendant que mon esprit vogue au gré des flots mélodieux de la voix d’Anna Moffo, je pense à d’autres moments précieux offerts par la musique. Et je me dis que j’ai de la chance de ne pas être sourd. De pouvoir aimer la musique. Toutes, ou presque toutes les musiques. D’aimer la lecture et l’écriture. D’aimer le théâtre, la danse et le cinéma. D’aimer sortir et partager des moments avec ceux que j’aime. De ne pas rester river devant des épreuves sportives retransmises sur mon canapé, vautré dans mon écran plat. Et j’ai l’esprit qui vagabonde, comme bien souvent, comme toujours. Et j’ai des fulgurances qui n’entravent pas mon plaisir de l’écoute. Je pense à ce ballet de Laura Scozzi, qui m’a mis en joie, jeudi dernier. Je pense au polar que je lis en ce moment et qui me donne hâte d’en connaître la fin.

Et aussi, mon esprit un peu taquin me fait me poser certaines questions alors que sur Fip, passe un extrait d’une des quatre saisons de Vivaldi. Est-ce préférable de porter un sonotone pour apprécier le sacre du printemps de Stravinsky ? Peut-on mêler un fait divers au Songe d’une nuit d’été de Shakespeare ? Et ce soir, pour ne pas avoir à préparer le repas, tiens, je vais commander une pizza pour chacun. Mickael est de retour, après trois ans et voilà, je me mets en RTT pour le dîner à venir de ce dimanche. Et pendant ce temps-là, à Sotchi, le public ravi se les gèle, moi, je suis au chaud. Je sais que cet après-midi, j’irai voir Un beau dimanche de Nicole Garcia. Et Vanessa Paradis chante «Il y a » et moi, dans mon cœur et dans ma tête, il y a plein d’il y a. Et ça me va.