Non, mais je vous jure, il n’y a vraiment pas de quoi s’affoler. Personnellement, ça ne me fait ni chaud, ni froid. De toute façon, moi, personnellement, je ne le suis pas. Je ne suis pas hexakosioihexekontahexaphobe donc, je peux tout à fait manier la fraction 2/3 comme je veux, quand je veux, où je veux. Pourquoi la fraction 2/3 ? Parce que tout simplement, elle a un développement décimal illimité qui répète le chiffre 6. Déjà, je ne m’intéresse pas trop aux chiffres et aux nombres pairs alors, si en plus, je devais prendre en compte le 6, qui fait partie des pairs que je ne vois jamais en temps normal…

Je ne suis pas non plus apopathodiaphulatophobe, dieu m’en garde et pardon pour toutes celles et tous ceux que cela pourrait choquer mais justement, c’est pour leur dire qu’ils ne craignent rien de ma part, bien au contraire, je suis très discret sur ce sujet que je n’aime pas partager spécialement. Avec personne. Pas plus avec ceux que j’aime très fort qu’avec ceux que je déteste très fort aussi. Non, je suis normalement constitué et je vais bien. Comme dans le sens étymologique de l’expression. Et sentiments sont le plus distingués qu’il m’est possible.

Si je parle comme ça, ce midi, c’est que me sont revenus en mémoire deux mots magiques et insolites. L’un, vient d’un film de Walt Disney, Mary Poppins. Et je pense soudain à Karine qui savait très bien le prononcer, à toute vitesse et sans se tromper. Ou alors, même si elle se trompait, qui pouvait s’en rendre compte ? Supercalifragilisticexpialidocious, en anglais et superfragilisticexpidélicieux dans la version française, ce qui est quand même plus simple quand c’est dans la langue maternelle. Et tout le monde ne parle pas anglais. Je peux aussi le traduire en espagnol et demander à ce qu’il le soit en allemand. Devis sur demande.

L’autre, c’est  d’une façon pédante que Cyrano se l’est balancé tout seul, pour se moquer de son propre tarin.  Personne d’autre n’aurait pu oser lui dire ça au nez et à sa barbe. Surtout pas les gars de la narine parce que, quand il avait quelqu’un dans le nez, le père Cyrano, mieux valait pas insister. Il mouche tous ceux qui osent l’affronter sur son physique. Ah oui, je ne vous ai pas dit son nom à la petite bébête qui monte : hippocampéléphantocamélos. Bien sûr, ça n’existe pas, un animal pareil mais on peut imaginer ce qui se serait passé si Cléopâtre, jugée sur un hippocampéléphantocamélos avait croisé Cyrano. Auraient-ils pu se faire la bise facilement sans passer par derrière ?

Tout ça pour vous dire que je ne suis absolument pas hippopotomonstrosesquipédialiophobe. Vous venez d’en avoir la preuve pendant votre lecture. Il est évident que je préfère le mot amour au mot anticonstitutionnellement, le mot tendresse au mot interdépartementalisation et le mot art au mot oligoasthénotératospermie. J’aime tous les mots. Les petits doux comme les gros durs. Ceux d’auteur et ceux qu’on croise. J’aime avoir le dernier et en appeler au comte, pour deux. J’aime ceux qui sont valises et jouer avec tous ceux qui le veulent bien. Et dans les mots, ce n’est pas la longueur qui compte.