Ah, ça m’agace, ça m’agace, ça m’agace. Il y a vraiment des jours où j’ai du mal à canaliser non seulement mon stress et mes émotions mais aussi et surtout, mes idées, le fil de ma pensée et donc, celui de mon être. Et là, depuis tout à l’heure, je suis en train de me tripoter les neurones, d’une seule main, pour tenter de retrouver ce dont je devais me souvenir. Et j’ai beau essayer de tout reconstituer, il y a un trou dans la chaîne, un maillon manquant, une poche percée, trouée dans mon pantalon de jeans. Pas grave, ça, c’est Monica, qui ch’en occupe. Monica, c’est la femme à Carloch. C’est le patron qui m’a conseillé de lui donner pour qu’elle s’en occupe. Et je lui fais confiance mais ça n’a aucun rapport avec ce que je cherche.

On peut donc dire que depuis tout à l’heure, je suis ce qu’on peut appeler un chercheur. Et appeler un chercheur, ça peut aider à le trouver. Avec un peu de chance et de persévérance. Ou l’inverse. Et donc, je suis chercheur en idées perdues dans la salle des pas ou pas dans une salle. Ça peut aussi être perdu dans des poches trouées mais ça, on sait déjà que c’est Monica et Monica, c’est… hu-hum. Oui, je me remets sur le droit chemin. Celui qui me mène aux méandres de mes méninges. Si j’étais une femme, je serais une femme de méninges, une intellectuelle. Mais je suis un mec, attention, je n’ai pas dit un mâle. Je suis donc un mec de méninges mais je trouve que ça sonne moins bien.

Alors, voyons, ça fait encore un truc à éliminer. À oublier, volontairement. Pour pouvoir retrouver ce que j’ai oublié sans le faire exprès. Un peu comme les clés. Ce ne sont pas les clés d’Auchan, je ne les ai pas même si j’en fais toujours l’ouverture, le lundi matin. Ce ne sont pas les clés de Justin Bridou, si j’avais les clés au pâtre, ça se saurait. Non, ce sont les clés de toutes les énigmes de mes cheminements cérébraux. Sauf quand je perds la tête. Comme ça m’arrive plus souvent qu’à mon tour. Cinquante-six. C’est mon tour de tête mais ce n’est toujours pas de ça dont il s’agit.  Je continue de jouer au miroir sans tain. Je réfléchis mais je laisse passer beaucoup de choses. Je suis une passoire. Je suis à bout filtre.  

Il était un petit navire, qui n’avait jamais navigué… Je fais diversion, comme ça, mes idées perdues pensent que j’ai la tête ailleurs alors qu’en réalité, je suis à l’affût et au moment où elles penseront être à l’abri de tout, je sauterai sur l’occasion et hop, le tour sera joué et l’occasion aura fait le larron. En tout cas, je sais que ça n’a rien à voir avec les choux de Bruxelles parce que là, je maîtrise, c’est ce que nous mangerons ce soir, avec Ine, Ophe et le président. Je ne sais pas si les choux de Bruxelles sont bon pour la mémoire parce que si un jour on me l’a dit, j’ai oublié la réponse. Mais pourquoi pas ? Quand on veut, on peut. Enfin, je crois. Si je ne me trompe pas. Et si je m’en souviens bien.

Bon, il va quand même falloir que je trouve la chose en question avant la fin de ce billet sinon, ce sera un billet sans fin comme le miroir sans tain du paragraphe précédent. Mais je l’ai sur le bout de la langue, en plus, ce dont je devais me souvenir. C’est pour ça que c’est vraiment agaçant. Je sens que ça vient mais ça ne vient pas. Ça s’en va et ça revient, c’est comme une chanson populaire. Ah, attendez, je crois que cette fois, je tiens le bon bout. Ça y est, c’est revenu. Je sais enfin ce dont je devais me souvenir et ne surtout pas oublier. Je devais purement et simplement me rappeler à quoi je ne devais pas penser. C’est fait. CQFD.