J’ai des nouvelles lunettes et quand on a des nouvelles lunettes, pour moi, le minimum, ce serait qu’elles mettent un certain temps à ne pas se salir. Je ne sais pas moi, jusqu’à l’acquisition de la prochaine paire, dans un an, par exemple. Je dis un an parce que deux ans, ça ne serait pas raisonnable. Pour les verres. Si on devait attendre autant pour les nettoyer… On risquerait de ne plus y voir goutte. Alors, quand, au bout de quinze jours, je vois (mal) que je commence déjà à voir flou à cause de certaines traces, de certaines poussières et de certaines empreintes digitales, je me dis que zut et crotte de bique. Du coup, je suis obligé de les essuyer régulièrement voire de les asperger d’un produit spécial et ensuite de les sécher avec une petite lingette très douce, en tissu complètement adapté aux circonstances et à la chose. Bref, un tour de force pour ma main de velours dans un tissu tout autant.

Et ne voilà-t-il pas que cet après-midi de vendredi, alors que nous avions un cours avec notre coach sportif, le patron et moi, exceptionnellement pas un jeudi, je suis arrivé comme souvent en avance et je me préparais dans les vestiaires avant d’aller faire vingt minutes d’échauffement d’elliptique pour faire monter le cardio et j’en étais à avoir quitté mon manteau, mon sweat-shirt, mes chaussures, mes chaussettes et mon pantalon. Alors que j’étais simplement en tee-shirt en en boxer multicolore (comme avec des comics dessus, pas dedans, entendons-nous bien, hein !) et je me rends compte que je ne vois pas grand-chose à voir et en même temps, comme il n’y avait rien à voir, ça aurait pu rester en l’état mais quitte à ne rien voir, autant le voir bien. Sinon, ça n’en vaut pas la peine. Et ne trouvant aucun Kleenex propre, aucun bout de tissu adéquat pour essuyer le verre coupable de me masquer mon environnement, j’ai trouvé la solution.

Le boxer que je portais, alors, avant de le retirer pour enfiler un vieux slip que je ne porte que pour les séances de sport, je me suis dit que probablement, mon boxer pourrait faire l’affaire. Je le retire illico presto en n’omettant pas d’enfiler le vieux slip qui n’attendait que ça. Je prends le boxer par un coin (!!!), j’essuie un verre de mes lunettes puis, le deuxième et je les repose sur mon nez et là, le miracle s’est accompli : j’y voyais clair, j’étais bien dans le vestiaire des garçons. Comme quoi, un simple boxer, même très fantaisie, limite cartoon, composé à 88% de polyamide et à 12% d’élasthanne, c’est super efficace pour nettoyer ses lunettes. Ce n’est pas forcément très facile et très judicieux à sortir n’importe quand, n’importe où et devant n’importe qui mais sachez, petits veinards, que c’est quand même un bon tuyau qui ne coûte rien et qui rend bien service.