Hmmm, c’est bon de dormir mais de temps en temps, il faut se retourner comme un mort dans sa tombe afin de ne pas s’ankyloser ni s’empêtrer dans des rêves et encore moins dans des cauchemars. Et pour éviter les escarres de la nuit et pour s’ébrouer de toutes ces toxines accumulées pendant cette période un peu chargée. Parce que les toxines, c’est comme la pulpe d’Orangina, ça reste au fond. Et dans le fond, ça ne vaut pas tripette. Rien à voir avec Belleville parce que là, on ne parle pas du tout de la même chose. Ce n’est pas comparable du tout.

Et moi, quand je me tourne et me retourne dans mon lit, c’est en ayant toujours un œil sur le temps qui passe et sur le temps qui reste. Hier soir, je suis allé me coucher avant 23 heures. En m’étant levé vers 3h15 du matin, ça m’a fait une belle et longue journée. Plus longue que belle. Je dis ça, c’est juste histoire de rappeler que j’existe. Que je suis fait de chair, d’os et de sentiments. Pas seulement une machine à se lever tôt pour aller travailler au fond avec ma petite mine de déterré. Et avec ces horaires un peu décalés, ces jours travaillés au lieu d’être chômés, je suis un peu perdu, parfois la nuit.

Quand je vois l’heure qu’il est, je me demande toujours quel jour je suis. Car les jours se suivent et ne se ressemblent absolument pas. J’ai travaillé dimanche dernier et je ne travaille pas ce dimanche. Il y avait marché sur la place, dimanche dernier mais pas aujourd’hui. Je vis donc à l’envers. Je suis un inversé. Pas de chance, aujourd’hui, j’avais le temps d’y aller et ça m’aurait fait plaisir. Tant pis, je vais le bouder. Et comme je suis un névrosé de l’horaire, quand on sait que mon horloge biologique est toujours en avance d’environ une heure…

C’est toujours l’heure d’été dans mon corps quand on est en hiver et l’heure d’hiver dans mon corps quand on est en été. Enfin, pas vraiment, pas tout à fait mais j’avais envie de l’écrire comme ça. Donc, je me réveille naturellement ( ? ) toujours environ une heure avant l’officielle et son cortège de trompettes mal embouchées et mal renommées. Ce qui fait que cette nuit, je me suis réveillé vers 2h15 comme si j’allais devoir me lever à 3h15 pour aller travailler pour 4h. Ou aller au marché mais à cette heure-là, c’est très tôt pour le marché qui n’aura pas lieu. Tréteaux. Trop tôt. Alors, je me rendors toujours en pointillés. À découper selon.

Puis, j’ai somnolé, payé à ne pas dormir, à ne rien faire, pendant les heures qui ont suivi. Les heures ne sont pas comme les jours, elles se ressemblent. Il n’y a rien de plus semblable à 2h15 que 3h15 quand il fait noir. Et que les minutes sont les mêmes. Paradoxales. Interminables et trop rapides. Selon si on veut dormir ou si on doit se lever. J’ai surveillé les heures du coin de l’œil, celui qui ne dormait pas et même sans lunettes, j’ai vu qu’il était 4h30, puis 5h45 et ensuite, 6h20. Le temps qui passe se déguise en heures apparemment différentes. Mais je n’étais pas dupe.

J’ai fini par abdiquer. Pris par surprise et par un sommeil injuste. Lourd et déstabilisant. Comme si j’avais appuyé sur la touche « Suppr » du clavier de mon ordinateur. J’ai tout oublié pendant un peu plus d’une heure sans plus savoir de laquelle il s’agissait. J’ai baissé la garde le temps d’un clignement de paupière et j’ai trouvé les volets clos. Quand j’ai ouvert les deux yeux, j’ai sursauté en mon for intérieur et j’ai sauté sur le radioréveil pour me plaindre à qui de droit car j’en avais assez de ces nuits entrecoupées de rien.

Stupeur et tremblements, c’était de l’émotion pure, il était 7h45. Non !  J’avais trop dormi. C’était vachement tard. Je ne m’étais pas autorisé à faire une telle grasse matinée. Alors, je me suis levé. Avec la migraine. L’esprit confus et la tête barbouillée. Avec un sentiment de honte. Qui suis-je pour me permettre de tels écarts de conduite ? Et quel jour sommes-nous ? Quel jour suis-je ? Tant pis, la honte, ça se boit vite et je me suis affairé comme si de rien n’était. J’ai fait plein de choses pour faire oublier que je m’étais levé tard. Et demain, je serai puni car j’irai travailler pour le deuxième lundi consécutif.