J'habite un monde étrange et qui ne semble plus très bien fait pour moi. En effet, c'est un monde dans lequel on ose fêter Noël dans une hypocrisie qui frise l'impudeur. Alors que, quand j'étais petit, c'était une fête familiale plutôt simple avec un véritable sens du l'art de faire des cadeaux et de les recevoir, aujourd'hui, maintenant que tout le monde a dû ouvrir son ou ses paquets, les présents reçus, souvent vite achetés parce qu'il fallait le faire, comme un devoir et non plus comme un plaisir, maintenant, on sait déjà qu'il y a 60% des français qui savaient qu'ils allaient revendre les cadeaux qu'ils allaient recevoir sans même savoir ce dont il s'agissait. Mais quel est donc ce monde dans lequel même le simple geste poli de recevoir n'a plus vraiment de sens. Et où l'un des buts de l'existence de tant et tant, c'est de se faire quelques euros, quelques dizaines voire quelques centaines d'euros sur le dos des présents des membres de leur famille ou sur le dos de leurs amis. C'est largement plus que de l'indécence, c'est nul et je ne trouve même pas l'adjectif qui va bien pour qualifier ça.

C'est pourquoi, il y a quelques années, j'ai choisi de ne plus entrer dans ce système et bien m'en a pris car les choses n'ont fait qu'empirer depuis. Pardonnez-moi si je peux donner l'impression de gâcher ce que vous appelez tous une fête mais qui n'est, somme toute, qu'un piège à cons (j'assume) et qui n'a plus beaucoup de magie sauf peut-être encore dans les yeux de certains enfants qui ont encore l'âme pure et donc non pervertie par l'avidité de leurs parents. Si je refuse, désormais, de fêter Noël, je sais que je m'isole un peu du reste du monde et ça m'attriste un peu qu'on ne me comprenne pas mais c'est ainsi que je sens les choses et c'est par ce chemin que passe mon bien être personnel. Avec le temps, va, tout fout l'camp. Je m'adoucis un peu avec ce fameux temps qui passe mais je ne pense pas changer d'avis pour autant. Même si j'ai succombé au fait de faire deux ou trois cadeaux, cette année. J'espère seulement, que ces quelques livres feront autant plaisir aux trois enfants que j'en ai eu de les choisir et de me mettre à leur place, m'imaginant que je les recevais, moi. Et ça me suffit.

À l'heure où j'écris ces quelques lignes, une rediffusion d'une vieille émission en noir et blanc, sur Télé Melody, un Discorama Tinoël, de décembre 1964, une année où les choses avaient encore un sens et où on connaissait la valeur des choses. Je suis un peu peiné de penser à tous ceux qui n'auront pas compris le sens de Noël et qui auront déjà cherché revendre leurs cadeaux ou qui ne pensent qu'au moment où ils pourront le faire. Et malgré ce petit pincement au cœur, je chantonne avec Tino Rossi, les airs qui ont fait son succès, complètement oublié. Une espèce de madeleine de Noël. Et j'ai envie de dire à mes trois neveux, Anthonin (que j'ai eu au téléphone et je ne sais qui était le plus empêtré des deux entre lui et moi), Lyson et le petit Louis, joyeux Noël, les gars et la fille. Je ne suis pas souvent là, voire jamais. Je ne fais pas souvent de cadeau, voire jamais. Mais là, j'avais juste envie de vous offrir quelque chose de simple mais d'essentiel. Un livre à chacun. Et j'espère que vous les lirez ou que l'on vous les lira.