Tous les ans, moi, je consulte un ophtalmologiste (ou logue, je n’ai jamais su faire la différence entre les deux – c’est probablement dû au fait que je n’ai pas une très bonne vue) et j’aime bien quand je peux avoir une ordonnance pour changer mes lunettes. Ce que je ne peux pas faire à chaque fois car comme tout le monde le sait, en ce moment, c’est un sujet plutôt à la mode dans les medias avec toutes ces histoires d’optique  bien trop chère, mal remboursée par la Sécurité Sociale et pas toujours bien remboursée par les mutuelles. C’est vrai qu’il y a quinze jours, j’ai fait le tour des opticiens de Bordeaux, en passant des franchises aux (plus ou moins) indépendants et je suis tombé de Charybde en Scylla. Du premier magasin au dernier, je suis passé de 800 euros à 1300 euros en cinq jours. Cent euros par jour. J’ai refusé les quatre derniers et je suis revenu à la case départ. Et en ce samedi soir, j’attends des nouvelles de ma nouvelle paire. Car qui veut voyager loin, ménage et change sa monture. Donc, là, on va dire que je suis en pause. Pause attente. Peut-être lundi. Qui sait ?

J’ai bien eu des coups de cœur mais je n’ai pas su me résoudre à dépenser autant en sachant que je ne suis remboursé qu’environ 200 euros. Si je dois dépasser les mille euros de ma poche, je pense qu’on est vraiment tombé sur la tête car c’est presque un SMIC. Donc, c’est du luxe. Néanmoins, j’ai quand même choisi une monture qui me plaît car comme je n’ai pas vraiment le choix dans les verres (un verre, ça va ; deux verres, aussi mais trois verres, bonjour les dégâts !), je me suis permis de sélectionner quelque chose qui semblait m’aller plutôt pas si mal que ça et dont l’esthétique me séduit. Tout est bien qui finira bien. Sauf si je me rends compte que je me suis mis le doigt dans l’œil. Parce que quand on choisit sa nouvelle monture, on ne se voit pas avec, forcément. Et donc, c’est toujours un peu un quitte ou double. Comme le prix. Pas celui des allumettes, comme l’ont chanté Stone et Charden dans les années 70. Parce que si le prix des allumettes ne change pas ou peu, le prix des a-lunettes, c’est une autre paire… de manches.

Mais un rebondissement a eu lieu ce samedi après-midi alors que je rentrais d’un tour en ville pour oublier un film que je n’ai pas trop aimé (peut-être l’ai-je mal vu – à cause du fait que je n’ai pas encore mes nouvelles lunettes) et en arrivant, le président m’a appris une mauvaise nouvelle. Il avait cassé la lunette. Et il voulait que je l’accompagne pour en acheter une nouvelle chez Brico-Machin, cours Victor Hugo. Alors, je ne me suis pas déshabillé, je l’ai attendu quelques minutes et nous sommes partis. Nous l’avons choisie gris foncé. Et je suis rentré avec, je n’ai pas eu à attendre, cette fois. Et elle ne nous a coûté que 14.90 euros. Quasiment le prix total de ce que rembourserait la Sécurité Sociale. Du coup, pas besoin d’envoyer la facture à la mutuelle. Mais le problème, c’est que là, je n’en avais qu’une, de lunette. C’était celle des toilettes, vous l’aurez compris. Et même si j’en avais pris deux, j’aurais eu du mal à trouver les verres qui allaient avec et qui auraient été à ma vue. Et puis bon, je suis pour les lunettes qui se voient mais là, on n’aurait vu qu’elles. Alors, je vais attendre celles que j’ai commandées à Talence.